Deadly Premonition 2 : A Blessing in Disguise (Switch)

 

Publié le Mercredi 8 juillet 2020 à 15:00:00 par Théo Valet

 

(TEST) Deadly Premonition 2 : A Blessing in Disguise (Switch)

Un Survival Horror sans Horreur

Deadly Premonition 2 est un Survival Horror comme son prédécesseur sorti en 2010 sur PC, PS3 et Xbox 360. Il est édité par Rising Star Games et développé par TOYBOX. Cette suite se situe directement après les événements du premier jeu mais dans deux temporalités différentes. On incarnera l’agent Ariya Davis dans le présent qui réouvre un dossier mystérieux résolu par un autre enquêteur et héros du premier jeu, Francis York Morgan. Il s’est retiré depuis et n’est plus que l’ombre de lui-même, brisé, hagard et à moitié fou. Ariya lui rend visite après avoir remarqué que l’enquête avait été bouclée à la va-vite et qu’il manquait des éléments cruciaux au dossier. De ce fait, York, comme il aime qu’on l’appelle, nous raconte ce qu’il s’est passé pendant l’enquête en Louisiane. Après un générique de début particulièrement réussi, on tombe dans la seconde temporalité, en 2005, au moment des événements. On incarne alors un York plus jeune et nettement plus en forme qui enquête sur le meurtre mystérieux d’une jeune femme à Le Carré en Louisiane. Le jeu, et l’histoire de manière générale, est découpé en plusieurs chapitres qui marquent à chaque fois des retours dans le présent pour faire le point sur les nouvelles informations et lancer de nouvelles lumières sur les zones d’ombre. D’autant plus que l’affaire prend de l’ampleur petit à petit.

Le but du jeu sera donc simple, faire la lumière sur les événements du passé. Dans le présent, on interroge York en essayant de lui tirer les informations qu’il ne veut pas tellement partager avec nous. Il faut donc se servir des éléments qui nous entourent pour rentrer dans sa tête. Dans le passé avec York, on est déjà plus dans un jeu de Survival-Horror, avec différentes missions à compléter pour faire avancer l’enquête et découvrir la vérité.

En parallèle, jeu de survie oblige, le joueur devra faire attention à sa jauge de satiété pour garder son endurance entière et sa vie intacte. Heureusement, l’endurance remontre très vite quand elle est consommée (après avoir couru par exemple). Les moyens de se nourrir sont vraiment variés : que ce soit grâce aux distributeurs de nourriture ou aux restaurants de la ville, il y aura de quoi satisfaire les envies de chacun. Il faudra aussi gérer sa « concentration » pour faire appel à notre capacité nommée « troisième œil », genre de « vison d’aigle » qui permet de voir des choses qu’on ne peut distinguer à l’œil nu. Cette concentration est rechargeable grâce au café qu’on trouve dans les distributeurs de boissons. Elément plutôt drôle, il faut aussi gérer sa propreté qui pourra affecter les échanges avec les habitants en cas de mauvaise odeur. Pour ce faire, des produits comme le parfum permettent d’aider. Tous les consommables sont achetables aux endroits appropriés, moyennant de l’argent que vous gagnerez pendant l’enquête. Mais n’oubliez pas qu’il faut en garder un peu pour payer l’hôtel. Il y a aussi du « craft » afin d’améliorer la vie et l’endurance de York mais pour ça, il faudra collecter des éléments que vous trouverez un peu partout, que ce soit dans les boîtes aux lettres d’autrui (oui vous avez bien lu !) ou en chassant de pauvres écureuils.


Pour ce qui est de l’enquête, vous êtes aidé d’un oracle qui se matérialise dans une œuvre d’art (vous n’imaginez pas le nombre de choses folles qu’il y a dans ce jeu) et qui vous distribuera des indices et vous guidera dans vos recherches grâce à ses prophéties. C’est une partie très intéressante, car il faut interpréter ses paroles et trouver le lieu qu’il décrit dans ses énigmes. Ce n’est pas très compliqué en soi mais vraiment amusant à faire. Une fois le lieu trouvé, il faudra s’y rendre à l’aide de votre skateboard qui vous sert de moyen de transport principal. Vous pouvez aussi y aller grâce aux points de voyage rapide, bien que cela coûte quelques dollars. Une fois arrivé sur les lieux, vous devrez enquêter et c’est là qu’on tombe sur certains mini-jeux tous plus funs (mais pas évidents pour autant) les uns que les autres. On a du bowling, des courses de skate, des concours de ricochets, et bien d’autres. Ça semble ne rien avoir à faire avec l’enquête, et c’est le cas, mais l’histoire intègre ces petites épreuves de manière très amusante et bien pensée.
À certains moments, il faudra aussi enquêter purement et simplement en observant la scène, comprendre ce qu’il s’est passé et cliquer sur les éléments qui nous sautent aux yeux ; c'est assez simple, comme pour les prophéties de l’oracle, mais c’est très sympa niveau rôle-play, on entre dans la peau des enquêteurs. Au fur et à mesure de notre progression dans le jeu, un tableau de liens et de preuves se met en place dans notre chambre d’hôte. C’est un moment encore très réussi, surtout qu'on y prend part nous-même en devant se rappeler ce qu’il s’est passé via un dialogue interne entre York et son ami imaginaire Zack.

Préparez-vous cependant à énormément de dialogues et beaucoup de conversations avec de nombreux personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres (pour ne pas dire complètement barrés). Les PNJs qu’on rencontre ont, en plus, des entrées en scène géniales avec une pause sur leur visage et leur nom qui apparaît en grand. Leurs conversations peuvent être très longues mais aussi très drôles avec des situations totalement illogiques et risibles, ce dès le début du jeu. Je peux notamment vous parler d’un des moments qui m’a le plus fait rire, avec le cuisinier de l’hôtel qui est aussi le groom, le réceptionniste et l’homme de ménage. On le croise dans ces 4 rôles en moins de 20 minutes, avec notre personnage qui ne comprend absolument pas ce qu’il se passe alors que nous, oui. Et ce n’est là qu’un seul des nombreux moments loufoques du jeu, qui vous amuseront probablement beaucoup si vous vous laissez emporter par l'univers. 

Et cet univers regorge aussi de diverses références à notre présent : par exemple, un personnage parle d'un futur où les voitures seront électriques et ne feront aucun bruit. Il y a également énormément de clins d'oeil aux films, notamment grâce à notre personnage, York, qui a une très grande culture cinématographique.

Ça ne l’empêche pas d’être complètement perché avec son ami imaginaire Zack, auquel il s'adresse tout le temps. Mais Zack n’est pas juste un ami imaginaire lambda, bien au contraire. On l’incarne même plusieurs fois quand York lui pose des questions et lui demande son avis. À ce moment-là, on peut vraiment répondre. C’est un autre point fort du jeu.

Pour résumer un peu, l’enquête et l’histoire de manière générale nous prend vraiment même si l'on s'interroge beaucoup sur ce qu'il se passe autour de nous. On a envie de savoir comment York est passé du personnage qu’il est pendant sa vie d’enquêteur à la loque qu’il est devenue dans le présent, et de découvrir ce qu’il s’est passé dans cette petite ville censée être paisible. Cependant le gros problème du jeu réside dans ses mécaniques datées, son ergonomie qui nous fait s’arracher les cheveux et son manque flagrant de finitions.
Pour commencer sur les mauvais points, on peut parler tout d’abord de l’arrivée en jeu. Personnellement, je ne connaissais pas Deadly Premonition avant de tester le deuxième opus et déjà en arrivant on n’a aucun résumé des évènements du premier épisode. On sait qu’on doit enquêter sur une affaire mais c’est tout. De plus, on commence le jeu avec Ariya qui n’a le droit de se déplacer que sur des rails en ligne droite avec seulement un joystick, c’est très déroutant. Heureusement que ce n’est plus le cas après avec York qui a une mobilité normale.

Juste après ce moment un peu surprenant, il faut suivre environ 30 minutes de dialogues entre Ariya et York où on ne peut pas faire grand-chose à part viser les fameux objets pour poursuivre la discussion et tirer les vers du nez de l'enquêteur. La situation est d'autant plus longue que les dialogues ne sont pas automatiques, et il faut matraquer la touche « A » pour continuer. Si cette partie quelque peu ennuyante avait été la seule du jeu, ça n'aurait pas trop posé problème, mais malheureusement, ce n'est pas le cas... Et la gestuelle des personnages n’aide pas du tout, ils sont pratiquement immobiles quand ils parlent. On peut en plus compter sur des bugs de cinématique avec des personnages qui se téléportent sans prévenir, des paroles pas synchronisées avec le mouvement de la bouche et des moments sans sons avec juste les sous-titres.

Passé cette séquence, on arrive donc dans la peau de York. Et ici ce n’est pas tant le gameplay qui dérange que le monde qui nous entoure. Tout d’abord le niveau des graphismes choque un peu, ils ne sont vraiment pas très beaux pour un jeu sur Switch. On ne le remarquait pas trop avec Ariya vu que la maison de York est très sombre et que les lumières sont bien gérées. Cependant à Le Carré, la lumière globale ne semble pas naturelle. Elle est vraiment blanche et on voit beaucoup plus les défauts, surtout dans la ville qui bien que de bonne taille semble bien vide et silencieuse. On ne croise que très peu de personnes, les routes sont désertes et il n’y a qu’une seule musique qui boucle tout le temps. Et malgré ce vide, les textures ont beaucoup de mal à apparaître. C’est étonnant vu le nombre de longs temps de chargements du jeu. On a même un genre de brouillard comme dans les anciens jeux avec les environnements qui se matérialisent au fur et à mesure qu’on approche et les éléments qui disparaissent quand on recule. Ces éléments ne reviennent parfois même pas, comme on le voit avec les animaux.


Le Sound Design est aussi particulièrement raté avec des sons généraux (bruit de pas, environnement, choc) vraiment moches. Le pire de tous les sons reste le bruit du skate, non seulement il est désagréable à entendre mais en plus il a un volume plus élevé que les autres. Préparez la télécommande sous peine de perdre quelques niveaux d’audition. Ajoutez à ça le fait que York se parle à lui-même sur son skate et on entend toujours les mêmes monologues qui tournent en boucle.

Tant qu’on en est à parler du skate, autant présenter ses autres (nombreux) problèmes.
Comme dit précédemment c’est notre moyen de locomotion et on l’utilise énormément. Néanmoins le pilotage n’est pas évident, notamment à cause d’une rigidité plutôt élevée. On peut seulement rouler et c’est tout. Aucun saut ni aucune figure n’est possible. Je veux bien qu’on ne soit pas dans le dernier Tony Hawk Pro Skater mais quand même ! On ne peut même pas tomber. Sans compter la caméra capricieuse qui gênera non seulement pour le pilotage du skate mais aussi pour la visée avec une arme.

Ces problèmes seront bien évidement là pour nous mener la vie dure pendant les épreuves de course. Ces épreuves sont d’ailleurs les seuls moments où vous pourrez faire quelques sauts sur des bosses hors normes. Les courses sont compliquées uniquement à cause de la caméra et des problèmes de Level Design qui peuvent tout gâcher, notamment quand on passe par-dessus les drapeaux à récupérer à cause de la trop grande puissance des sauts.

En gros, à lui tout seul le skate est un des gros échecs du jeu, surtout vu le temps qu’on passe dessus. Et je ne parle même pas des quelques bugs de collisions que j’ai pu rencontrer.

Pour en revenir à un point de vue plus général, on a aussi des problèmes importants au niveau des quêtes. Premièrement, certaines d’entre elles ne sont pas toujours très bien expliquées, on finit souvent bloqué à tourner en rond à cause du manque d’informations. Heureusement que le système de caméra nous montre parfois l’objectif une fois qu’on s’approche de lui. C’est très bien trouvé et ça aide beaucoup lorsqu’on doit chercher un lieu spécial. Dommage qu’il ne soit pas aussi fait pour les moments où nous sommes perdus.
En plus d’être mal indiquées, les quêtes ne sont pas toujours très funs à faire. Notamment celles où il faut beaucoup voyager et chercher des choses ridicules pour tel ou tel personnage. Je veux bien traverser la ville pour aller analyser une zone qui fera avancer l’enquête, mais en revanche faire le même trajet pour la boite d’épinard d'un prêtre taré, faut peut-être pas abuser non plus.
Les quêtes sont d’ailleurs un peu trop nombreuses, surtout pour des objectifs vraiment basiques qui ne nécessitent pas une quête à eux seuls. On a quand même une mission où on doit juste ouvrir une porte qui se trouve dans la même pièce que nous. Ce problème est renforcé par le fait qu'une fois activée, la quête s'affiche en gros sur l’écran pendant un instant. Même principe quand on l'achève.
On peut aussi parler rapidement des quêtes secondaires qui ne sont pas tellement intéressantes et qui passent très vite à la trappe vu la longueur déjà considérable de l’histoire de base.
En plus, certaines quêtes prennent en compte l’heure du jeu, et on ne sait pas tout de suite qu’il faut aller à l’hôtel pour dormir jusqu’au bon horaire sachant que cette action vide notre jauge de satiété et notre propreté. Cette mécanique ressemble à une envie de forcer le joueur à retourner à l’hôtel, alors que ça coupe toute l’action.

Vous avez pu voir que je n’ai pas utilisé une seule fois le mot « horreur » pour parler du jeu qui est censé être un Survival Horreur. Et c’est là ce qui m’a le plus frustré dans le jeu. En effet,on ne rencontre pas un seul événement surnaturel avant d’avoir fait au moins 4h de jeu. La façon dont le côté « horreur » arrive dans l'histoire est tout sauf logique. Au milieu de l’enquête on passe dans un portail vers un monde parallèle (rappelons que je n’ai jamais joué au premier) et on se met à tirer sur des sortes de créatures à moitié crabe pas du tout flippantes et surtout carrément fragiles, deux tirs et on n’en parle plus. Cette partie de combat n’est pas ratée mais elle est simple et absolument pas effrayante. Je ne pense pas que c’était voulu par le studio. Les seules choses qui font peur dans cette séquence sont les effets d’apparition des monstres qui ne sont vraiment pas très beaux et l’effet rouge qui parcourt les murs pour créer une zone sinistre.
On finit cette phase de jeu sur un boss hideux, qui promet beaucoup vu son design. Et là, c’est le drame. Sous son aspect de gros monstre pas joli, se cachent des patterns d’une simplicité étonnante à esquiver, et une santé de petit être tout faible. 10 balles dans le buffet et on n’en parle plus. Outre le fait de ne pas avoir été touché par ses attaques, je ne pense même pas avoir eu le temps de découvrir certains de ses patterns.
On ressort ensuite tout gentiment et on retourne dans le monde réel comme ça sans plus d’explications. En bref le moment le plus surprenant de toutes mes sessions sur ce jeu. Heureusement qu’il existe des résumés du premier jeu pour mieux comprendre le phénomène de passage dans une autre dimension sinon je n’aurais pas compris du tout ce qu’il s’est passé.

Je ne pense pas que le jeu soit si mauvais. Son histoire est très intéressante et prenante, on a envie de connaître le dénouement et de recoller les morceaux à l’image de l’enquêtrice qu’on incarne dans le présent. Le fait d’avoir deux temporalités est aussi très bien trouvé, on joue deux personnages différents avec leur propre mentalité. Personnellement, je suis plus fan de York qui est vraiment génial tant dans sa façon de penser que dans ses interactions vraiment barrées avec les autres. Le fait qu’il nous parle en passant par son ami imaginaire qu’on incarne est un véritable plus. En bref, York à lui tout seul rend le jeu intéressant.


L’histoire est longue et pas toujours remplie en révélations, mais quand c’est le cas, on est poussé à continuer à jouer pour en savoir plus. C’est d’autant plus dommage que le gameplay vieillot, les finitions inexistantes et divers bugs poussent à arrêter le jeu parce qu’il y a vraiment trop de gros problèmes. C’est vraiment la source de frustration principale du jeu, surtout qu’en allant regarder les critiques du premier jeu et les vidéos de gameplay, on voit déjà que cette suite souffre exactement des mêmes problèmes que son prédécesseur. Le studio n’a clairement pas pris en compte l’avis de sa communauté et de ses joueurs.

Le jeu a beaucoup de dialogues et pourtant même ce système n’est pas du tout optimisé, c’est quand même un comble. Pour moi, ça devrait être le système le plus peaufiné et le plus intéressant, afin qu’aucun joueur ne décroche et que l’histoire soit vraiment mise en avant.

Ma plus grosse frustration vient du côté Survival-Horror du jeu. Je suis un grand fan de ce genre et là et je n’ai clairement rien vu de ça. À la place on m’a servi un jeu d’enquête un peu loufoque avec quelques éléments surnaturels mais rien de plus. Même la survie n’en est pas vraiment, c’est plus de la gestion de notre personnage.

Le jeu est rempli de bonnes idées qui vont bien ensemble, les mini-jeux sont presque tous top, les personnages sont vraiment bien trouvés et l’aspect gestion avec le fait de s’occuper de toutes les petites choses du quotidien est très sympa, mais tout ce qui l’entoure n’est pas à la hauteur d’un jeu sur Switch.

Je peux en conclure que ce jeu est à réserver probablement aux joueurs qui ont été fans du premier. Parce qu’au prix de 49,99 € ça fait un peu cher la découverte d’une nouvelle licence qui a beaucoup de lacunes de gameplay. Les fans de survival-horror peuvent aussi passer leur chemin car, comme dit plus haut, il est pratiquement inexistant dans le jeu et ne vous apportera aucun frisson. Beaucoup de frustrations au rendez-vous malgré beaucoup de bonnes idées.

 

 
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Deadly Premonition 2 : A Blessing in Disguise (Switch)

Plateformes :

Editeur : Rising Star Games

Développeur : TOYBOX Inc

PEGI : 16+

Prix : 44.99€

Aller sur le site officiel

Deadly Premonition 2 : A Blessing in Disguise (Switch)

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