Yakuza 4 (PS3)

 

Publié le Lundi 28 mars 2011 à 12:00:00 par Vincent Cordovado

 

Test Yakuza 4 (PS3)

Harakiri ?

imageSérie pourtant culte au Japon, Yakuza n'a pas encore véritablement trouvé son public dans l'hexagone. Alors certes, si, un peu quand même, puisque si les ventes étaient si mauvaises que ça, Sega ne nous proposerait pas systématiquement chaque épisode. Mais c'est clair qu'on est loin de le qualifier de référence de part chez nous, contrairement à nos homologues japonais. Toujours est-il que ce 4ème opus a obtenu son VISA pour l'Europe et qu'il a atterri directement dans nos PS3. Certes, un an après sa sortie japonaise. Certes sans proposer de sous-titre français (anglais uniquement). Mais à l'inverse de Yakuza 3, avec l'intégralité de son contenu. Et mine de rien, ça fait une sacré différence pour peu qu'on accroche à l'esprit du jeu.

Cette fois, vous n'incarnez plus uniquement Kiryu Kazuma aka le Dragon de Dojima. En effet, l'histoire de Yakuza 4 s'articule autour de 4 personnes que l'on incarne à tour de rôle durant la vingtaine de chapitres du jeu et, mine de rien, ça apporte un vent de fraîcheur à la série. A commencer par Shun Akiyama, un prêteur sur gage au capital sympathie assez important qui aime se la jouer héros de ces dames, puis Taiga Saejima, un Yakuza qui s'est échappé de taule après y avoir passé 25 années de sa vie pour avoir éliminé à lui seul 18 Yakuza en une seule fois... puis Masayoshi Tanimura, jeune inspecteur de police plus ou moins corrompu, pour enfin terminer avec notre cher Kiryu. Si de prime abord, ces personnages semblent ne rien avoir en commun, leurs destins apparaitront comme étroitement liés au fur et à mesure de l'aventure et face à la menace qui plane sur Kamurocho. Et finalement, si la trame principale n'est pas exceptionnelle, elle possède son lot de trahisons et d'alliances intéressées comme tout bon film de Yakuza qui se respecte. D'autant plus que la qualité des doublages en japonais renforce la narration. Par contre, comme je l'ai déjà dit, il est dommage que les sous-titres soient uniquement proposés dans la langue de Shakespeare, parce qu'autant vous dire qu'il faut quand même un certain niveau d'anglais pour bien tout piger. Au passage, que ceux qui n'ont jamais joué à un Yakuza ne s'inquiètent pas, le titre offre des résumés en vidéo des 3 premiers épisodes.
 
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screenForcément, quand on est un Yakuza, on est amené à distribuer des mandales et des gros coups de talon dans la face. Et qui dit 4 personnages, dit 4 styles de combats différents. Saejima sera l'équivalent de gros, lent, mais qui décroche les mâchoires avec ses poings. A l'inverse, Tanimura est plutôt dans le genre "roi de l'esquive". Akiyama, quant à lui, offre un style rapide, principalement basé sur les coups de pieds. Et pour Kazuma, c'est Kazuma quoi. Ultra complet et puissant. En même temps, c'est le héros de la série, alors... Au cours des combats, la jauge de HEAT se remplit et autorise des coups spéciaux une fois qu'elle est suffisamment chargée. Une simple pression sur triangle, et bim, votre personnage décoche un coup puissant qui videra aussi bien votre barre de HEAT qu'une grosse partie de la vie de votre adversaire. De temps en temps, certains QTE se déclenchent qui, une fois réussis, laissent place à des animations bien sympathiques et à des coups toujours plus impressionnants. Si au début, votre personnage ne sait pas faire grand-chose de ses mains et de ses pieds, l'expérience accumulée lui permettra de débloquer de nouvelles capacités et techniques. En revanche, même si les animations des coups spéciaux sont sympathiques, les combats sont loin d'être un exemple dans le genre. Les personnages sont rigides, limite tank. Il n'est pas rare de voir un enchainement échouer parce qu'on aura comme glissé sur un ennemi. Dans le genre, ça me rappelle un peu un Monster Hunter. Un truc bien austère. Bon, ça dépend aussi du personnage que l'on joue, mais cette sensation est quand même présente avec les personnages plus "souples".

screenPour le reste, la formule reste inchangée par rapport à ses grands-frères. L'action se passe toujours dans les rues d'un Kamurocho que les habitués de la série connaissent sur leur moitié de doigts (on est dans un jeu de Yakuza, hein, donc je m'adapte). Le cheminement du jeu consiste à se trimballer d'un point à un autre de la ville pour voir son objectif se mettre à jour, le tout saupoudré des combats de rue face à des Yakuzas et autres qui trouveront toujours un prétexte merdique pour se fritter avec vous. Si ces affrontements ne sont heureusement pas trop nombreux pour devenir pénibles, les allers-retours incessants sont assez casse- bonbons. Certes, ils ont une logique dans l'histoire, mais c'est assez lassant de se taper pratiquement le même décor pendant la vingtaine d'heures qu'il faut pour boucler le jeu.
 
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screenMais tout Yakuza qui se respecte doit être riche en mini-jeux. Et si, de ce côté-là, le troisième s'était vu amputer d'un bon paquet de possibilités, celui-ci nous est proposé dans son intégralité. Et franchement, il y a de quoi se faire plaisir. On peut se taper une partie de ping-pong, de golf, de pêche ou encore de bowling. Aller jouer au Pachinko. Combattre dans l'arène dans laquelle une dizaine de tournois est disponible. On se retrouvera même à pouvoir gérer un dojo sur le déclin. Personnellement, gros pervers que je suis oblige, ce sont les bars à hôtesses qui m'auront le plus plu. Entre le fait de pouvoir recruter des nanas pour son propre bar et les fringuer en fonction des attentes des clients, c'est assez fun. Alors certes, c'est jouer à la Barbie, à la différence que là, elles vous rapportent un paquet d'oseille. D'autre part, il est même possible de vivre une romance avec certaines de ses demoiselles, pour peu que vous vous accrochiez en les invitant aux restos ou au karaoké. Ajoutez à ça une centaine de quêtes annexes, les clés des casiers à trouver et les Revelations à découvrir (des photos à prendre de certaines personnes qui sont en train de faire une action insolite pour ensuite l'apprendre comme un coup utilisable en combat) et vous avez fait le tour du propriétaire. On ne s'ennuie franchement pas dans Yakuza 4. Dommage en revanche qu'on ne soit pas assez libre de réaliser ces quêtes annexes et autres "à côté" quand on le souhaite. Le déroulement de la trame princale étant largement privilégié.

screenMais là où pêche grandement ce Yakuza 4, c'est sur le point de vue technique. Autant être clair, il est complètement à la ramasse. Et s'il l'était déjà lors de sa sortie japonaise, là, c'est encore plus flagrant. Si la modélisation des visages des personnages principaux est une réussite, on ne peut pas en dire autant du reste du jeu qui accuse son âge. Les décors sont anguleux, aliasés, avec des textures parfois limites. De même on constate un clipping pas franchement gracieux. Bon, à me lire comme ça, je donne l'impression qu'on devient aveugle à le mater, ce qui est loin d'être le cas, mais franchement, les mêmes défauts étaient déjà notables dans le 3, Sega aurait pu faire un gros effort de ce côté-là. Pire encore, il est assez ridicule de constater qu'en plein milieu d'une cinématique, celle-ci peut s'arrêter pour faire place à des fenêtres de dialogues sans voix, qu'il faut passer en appuyant sur une touche. Le truc bien pénible et qui donne l'impression d'être revenu 15 ans en arrière, avec le début des cinématiques doublées.  

Assez austère dans ses combats, techniquement à la ramasse, ce Yakuza 4 offre pourtant une expérience agréable, avec un scénario sympathique, des personnages charismatiques et un contenu très riche. Sincèrement, si au début, j'ai eu assez de mal pendant les 2-3 premières heures de jeu, le temps de me familiariser avec ses mécaniques, par la suite, j'ai complètement accroché à son esprit. Clair qu'il ne semble pas alléchant de prime abord, mais si on lui donne sa chance, on en sort pas déçu. Après c'est évident que si vous êtes allergique à la culture nipponne, autant passer votre chemin. Toujours est-il que le titre possède un petit côté exotique qui le rend sympathique à parcourir malgré ses nombreuses tares.

 

 
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Yakuza 4 (PS3)

Plateformes : PS3

Editeur : SEGA

Développeur : SEGA

PEGI : 18+

Prix : 70 €

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 7/10

 

 

Images du jeu Yakuza 4 (PS3) :

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