Bulletstorm (Xbox 360/PS3/PC)

 

Publié le Jeudi 31 mars 2011 à 12:00:00 par Vincent Cordovado

 

Boulettestorm ?

imageSi vous nous lisez régulièrement, vous avez sans doute vu les trailers balancés par Electronic Arts et qui mettent en avant le côté fun et jouissif de pouvoir éclater la tête de ses adversaires de toutes les façons possibles dans Bulletstorm. Reste que tout aussi original que ce soit, ça ne fait pas tout pour en faire un bon FPS.

Vous incarnez Grayson Hunt ou Gray pour les intimes. Gray est le chef de mercenaires dont les têtes sont mises à prix par la Confédération. Pour comprendre ça, il faut revenir quelques années en arrière, alors que lui et son équipe travaillent justement pour cette même Confédération, au sein de l'escadron d'élite Dead Echo. A cette époque, Gray et son équipe étaient amenés à butter des vilains terroristes et autres vermines pour le compte du Général Sarrano. Sauf que ce dernier s'est bien foutu de leur gueule puisqu'il ne s'agissait, en fait, que de civils et de journalistes qui n'étaient pas d'accord avec les méthodes de la Confédération. N'ayant pas apprécié d'avoir été pris pour des idiots, Gray et son équipe ont décidé de se venger. Et c'est quelques années de rébellion plus tard, à bord de sa bicoque spatiale, que Gray décide, sous l'emprise de l'alcool, d'attaquer l'Ulysse, le vaisseau de la Confédération dans lequel se trouve Sarrano. Pour comprendre la folie de son geste, imaginez le combat de David contre Goliath. Un vulgaire vaisseau contre un truc XXXXL. Mais malgré tout, les 2 engins finissent par s'écraser sur une planète autrefois paradisiaque mais actuellement peuplée par de vilains mutants qui ne vous veulent pas du bien. Pour couronner le tout, pratiquement toute l'équipe de Gray est morte, excepté ce dernier et son coéquipier Ishi. Pire encore, Sarrano est vivant, attendant des secours. Votre objectif va donc être double : lui faire bouffer les pissenlits par la racine et vous échapper à tout prix. 
     
Outre le fait que Gray ait le charisme d'un poulpe à la sauce Gears of War, ce scénario fleure bon les clichés tout autant que Gray pue l'alcool. Entre le héros qui se la joue viril, qui ne peut s'empêcher de balancer une insulte à chaque phrase, le super vilain encore plus une brutasse que le héros, la soif de vengeance, la nana aux courbes parfaites mais qui parle comme un camionneur, le jeu est à lui seul un putain de florilège de clichés. Saupoudrez le tout par des dialogues à l'humour bien gras, limite beauf et vous obtenez le cocktail Bulletstorm. Alors attention, je ne dis pas que c'est une tare. Bien au contraire. Ce côté série B s'accorde parfaitement avec le gameplay ultra bourrin du titre via ses skillshots. C'est simplement que vous verrez par le suite que le rythme de l'aventure est en décalage total avec tout ça.

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screenLes skillshots sont des espèces de frags complètement sadiques et réalisés de manière acrobatique à l'aide de vos armes, votre lasso magnétique, mais également de vos panards et du décor. Et c'est quand on joue à Bulletstorm qu'on se dit que le studio qui l'a réalisé porte très bien son nom, People Can Fly, vu comme on envoie balader les ennemis dans ce titre. Une fois le lasso récupéré et quelques armes débloquées, c'est la fête aux démembrements. Si au début, la palette des skillshots est assez limitée, vous amenant à être assez redondant au niveau de ceux qui vous réalisez, par la suite, c'est de la pure folie avec plus de 130 disponibles. Et vas-y que je t'envoie dans le cactus, dans le vide, que je t'électrocute, que je t'empale, que je t'arrache les testicules, que je t'arrache la tête après t'avoir lancé en l'air, que je te coupe en deux, etc...

screenChaque skillshot permet de débloquer des skillpoints. Ceux-ci sont d'une importance crutiale puisqu'ils vous permettent de déverrouiller les armes au fur et à mesure de la progression dans l'aventure, mais surtout de les améliorer et d'acheter des munitions et des charges (tirs alternatifs ultra puissants) par le biais de kits de largage qu'on rencontre à foison dans les niveaux. Des munitions dont vous allez avoir grandement besoin étant donné que si vous comptez sur les quelques balles que lâchent vos ennemis et les quelques caisses de munition que vous trouverez, vous allez vous retrouver rapidement à sec. D'autre part, les ennemis sont très peu sensibles aux tirs directs vous obligeant continuellement à les achever via des skillshots. Un meurtre de base ne rapporte ainsi que 10 petits ridicules points tandis que les skillshots vont de 25 à 500 points, selon le type de skillshot et les combos réalisés. Quoiqu'il en soit, ce système est assez jouissif. Plus on avance dans le jeu, plus on s'amuse de ce côté-là. Surtout si vous avez des tendances sadiques. En revanche, ouvrez l'oeil car dans le joyeux bordel des affrontements, il n'est pas toujours facile de repérer les possibilités de massacre qui nous sont offertes.

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screenLe problème, c'est que pour le reste, Bulletstorm est assez moyen. A commencer par son level-design bien pourri. Si les décors sont assez gigantesques et imposants, les chemins que l'on emprunte sont d'une linéarité affligeante. Pire qu'un Call of Duty. Le tout avec un déroulement de l'aventure au raz des pâquerettes : une cinématique bien grassouillette, on grimpe quelques obstacles, on active un levier/coup de pied dans une porte, hop nouvelle cinématique, massacre de quelques ennemis avec 2-3 éléments pour se planquer, à nouveau une cinématique et c'est reparti pour un tour. Autant dire que c'est franchement très mal rythmé et ce, durant les 7 heures qu'il faut pour en voir le bout. Pourtant la monotonie du déroulement est brisée par quelques séquences d'anthologie comme celle où l'on dirige un Godzilla télécommandé par exemple. Mais dans l'ensemble, pour un titre qui veut se la jouer survolté, c'est mal foutu. Limite un peu plan-plan. Et c'est vraiment pour moi le point noir de la campagne solo qui finalement, au lieu d'être une belle gourmandise, n'est qu'un soufflé tout plat.

Le second point noir du titre se situe du côté des autres modes de jeu. Autant être clair, c'est la déchéance totale. Entre un mode Echo qui ne consiste qu'à faire du scoring dans des morceaux de niveaux déjà parcourus ou encore un mode multijoueurs qui ne contient qu'un seul mode (Anarchie, qui consiste à faire des skillshots en coop jusqu'à 4), on ne peut pas dire que ce soit la fête à la maison. Loin de là. De quoi rester sur sa faim avec ce menu allégé.

Graphiquement, si dans l'ensemble, c'est plutôt beau et coloré, on constate quand même qu'il arrive que les textures mettent 3-4 secondes avant de s'afficher et que certaines sont carréments baveuses. Mais ça reste très correct.

Bulletstorm avait pourtant le potentiel pour bousculer les habitudes d'un genre qui prend de moins en moins de risque. Hélas, malgré son humour et son gameplay original, il ne parvient pas à dégager la folie qu'il nous promettait, la faute à son rythme mal géré. Sympatique quand même, si vous comptez y jouez seul, rien que pour les skillshots, mais loin d'être une référence.

 

 
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Bulletstorm (Xbox 360/PS3/PC)

Plateformes : PC - Xbox 360 - PS3

Editeur : EA

Développeur : People Can Fly

PEGI : 18+

Prix : 70 €

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 6/10

 

 

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