Resistance 3 (PS3)

 

Publié le Mercredi 7 septembre 2011 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Resistance 3

Résiste, prouve que tu existes

imageNathan Hale est mort. Oui, je sais, vous n'avez peut-être pas fini Resistance 2 et du coup, je vous en pourris la fin, mais je vous rassure, ce n'est pas moi qui ai commencé. En effet, dès le début du jeu, vous aurez droit à un petit récapitulatif des faits : comment le virus de la chimère est apparu en Russie au début du XXème siècle, transformant les hommes en armée de bêtes sauvages, comment le virus s'est répandu à travers toute l'Europe, comment dans les années 50 il a atteint les côtes Américaines, comment Nathan Hale, soldat génétiquement modifié à l'aide de sang de Chimère s'est dressé contre l'envahisseur et comment, donc, il a péri. Mais il n'est pas mort en vain puisque son sang a permis de développer un vaccin. Du coup, les humains ne se transforment plus. Même vous, Joseph "Joe" Capelli, oui, vous, le paria qui avez abattu froidement Nathan Hale.

Plusieurs années ont passées depuis ce jour. Vous vivez avec votre femme, et votre fils à la santé fragile, au milieu d'autres réfugiés dans les souterrains d'une ville. Votre quotidien se résume à éviter les patrouilles de Chimères, chercher de la nourriture et s'assurer que personne ne manque à l'appel. Jusqu'à ce jour où les Chimères débarquent en force, accompagnées d'un "terraformeur" qui permet de remodeler paysage et atmosphère terrestre...

Lorsque Markovich, le savant aux mains sales vous explique que les Chimères transforment la planète en géante de glace, vous décidez de le suivre jusqu'au cœur du problème, à New York, dans une mission suicide de laquelle dépend l'avenir de l'humanité et, donc, l'avenir de votre enfant.

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screenAvouons-le tout de go : même s'ils n'étaient pas de mauvais jeux, loin de là, les deux premiers Resistance ne m'avaient pas personnellement convaincus. Le premier était trop difficile et basique, tandis que le second brillait par son scénario foireux et son ambiance mou du gnou (oui, l'expression a perdu un "e" dans la bataille). Les deux étaient surtout bien trop étriqués avec leur progression en couloir.
Bonne nouvelle : les développeurs d'Insomniac se sont sortis les doigts (des oreilles) et ont fait de grands et beaux efforts.

Le scénario, en premier lieu. S'il est cousu de fil blanc et doté de rebondissements parfois franchement tirés par les cheveux, si un gros passage manque juste avant l'arrivée à New York et aurait mérité un chapitre supplémentaire, il est tout de même plus recherché. Bien amené, avec quelques bonnes trouvailles, il s'offre surtout le luxe de proposer une aventure variée, aux décors multiples, et au gameplay changeant.

screenDoté d'une ambiance formidable, jouant tour à tour sur les sentiments, la compassion, le désespoir, l'amour, et sur l'action grand spectacle, Resistance 3 va vous prendre aux tripes et surtout vous en balancer plein la gueule. Ça pète de partout, ça explose, ça flingue, le tout porté par une très bonne bande-son.
Et du coup le titre s'amuse à multiplier les phases de jeu : un coup FPS classique, un coup shoot à bord d'un train, un coup progression furtive, un coup bien bourrin avec des dizaines d'ennemis qui vous paraissent des centaines... On ne s'ennuie finalement pas une seule seconde.

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screenTout au long de votre périple, sur ce soit sur terre, sous terre, à bord d'un train, dans les montagnes, dans une mine, sur un bateau, dans les neiges, dans le métro, et j'en passe, vous allez affronter toutes sortes de Chimères et leurs dégénérescences. Armés ou non, avec des degrés différents de puissance et de résistance, vous faisant plus ou moins de dégâts... Il y en aura pour tous les goûts. A vous de voir quelle arme est efficace sur quel ennemi et surtout, quelle arme vous sied le plus. Car Joe transporte un véritable petit arsenal. Mitrailleuse, fusil à pompe, lance-roquettes, fusil de snipe, colt à balles explosives, et j'en passe. Ce sont une dizaine de modèles, puissance et portée variables, que vous glanerez au fil de l'aventure. Chaque arme a un tir secondaire (explosif, à tête chercheuse, ...etc.). Vous trouverez régulièrement des munitions pour chaque... mais si vous optez pour un niveau de difficulté élevé, vous risquez quand même de tomber souvent en rade si vous n'y prenez gare ou si vous n'optez pas parfois pour un repli stratégique (appelé plus vulgairement "la fuite").

screenA ce propos, une petite anecdote pour la route. Lors du début du jeu, du premier affrontement en plein champ de maïs, j'ai encaissé quelques tirs bien placés, voyant d'autant ma barre de vie diminuer. "Pas de souci" me suis-je dit alors "planquons-nous un moment pour la voir remonter et ainsi repartir au combat".
Autant vous dire que j'ai été surpris de ne pas la voir bouger. Sale habitude des FPS modernes... En effet, dans Resistance 3, la vie ne remonte pas. A l'ancienne. Il faut faire la chasse aux medikits (ici sous la forme de capsules vertes). Et vous savez quoi ? Ça fait un bien fou de retrouver ce système ! Ça vous change le jeu tout entier et votre manière de jouer : vous faites plus attention, gérez plus intelligemment vos attaques et vos déplacements, et privilégiez les cibles porteuses de ces fameux medikits. Bref, merci pour ce choix.

Graphiquement, enfin, Resistance 3 assure plutôt bien. Jolis décors, jolis effets spéciaux... une réussite. Bien entendu, PS3 oblige, l'aliasing est omniprésent et parfois franchement soutenu. Mais globalement, c'est un beau jeu. Le moteur date un peu, mais assure toujours. C’est tout ce qu’on lui demande. Et surtout, c’est fluide.
Heureusement, l’effet couloir, même si vous progressez toujours dans des chemins plutôt balisés, agrémentés de quelques grosses aires de combat, n’est pas pesant. On le doit à un level design plutôt réussi.

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screenBien entendu, tout n'est pas non plus tout rose au pays des Chimères. Le jeu souffre de certains défauts. Une campagne solo un poil courte. Comptez 6-7 heures en mode facile. Une dizaine d'heures en mode difficile (que nous vous conseillons).
Ensuite on notera quelques bugs. D'I.A. principalement. Mais de collision aussi (peu toutefois). Sans compter les scripts qui parfois se déclenchent mal ou pas du tout sous prétexte que vous êtes "hors-zone". On vous rassure toutefois : c'est rare. Mais ça peut survenir.

screenLe mode multi est assez varié. Déjà, bonne nouvelle, on peut faire toute la campagne en coopération, que ce soit via écran splitté ou en ligne. Huit modes multijoueurs viennent agrémenter la chose, avec quelques classiques (DM, CTF) et diverses missions à objectifs. Ajoutez les stats, les classements, et j’en passe. Les cartes se jouent à 16 max, loin de la soixantaine de joueurs dans Resistance 2. Mais du coup, les affrontements sont moins fouillis et les cartes mieux appréhensibles.

Au final, ce Resistance 3 est une vraie réussite. On peut dire que les développeurs ont « Callofdutysé » leur jeu, à grands renforts d’effets et de scripts. Mais ils l’ont fait intelligemment, sans surenchère, sans grand spectacle, pour arriver à quelque chose de cohérent. De cohérent et de passionnant. Ce troisième opus s’inscrit aisément comme le plus réussi de la série, et pourra se jouer indépendamment, pour tout joueur désirant se payer du bon temps, avec un bon FPS. C’est efficace, prenant, et on s’y plonge avec délectation. Autrement dit, vous auriez tort de vous en priver.

 

 
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Resistance 3 (PS3)

Plateformes : PS3

Editeur : Sony

Développeur : Insomniac Games

PEGI : 18+

Prix : 60 €

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 8/10

 

 

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