L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 25 juillet 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Putains de tongs

imageChaque année, quand le soleil est de retour, je me fends d’un édito dont le sujet tient sur une ficelle : les tongs. Un rendez-vous désormais incontournable que les fidèles du site attendent avec impatience, un peu comme le Père-Noël, les œufs de Pâques ou la déclaration d’impôts. J’en tiens pour preuve les mails reçus m’interrogeant sur son absence cette année. Rassurez-vous. Il est bel et bien arrivé.

Tous les ans, donc, fustigeant cet accessoire de plage immonde, je déverse mon dégoût dans de longs paragraphes et le rend responsable de tous les maux de la planète, des guerres les plus horribles aux pandémies les plus virulentes, lançant de grandes tirades dignes des meilleures tragédies grecques (si, si). Les grecs qui, je vous le rappelle, ne portaient pas de tongs mais des sandalettes. Certes, ils s’enculaient joyeusement. Mais en sandalettes.
Depuis pas mal de temps, donc, on me prête donc une aversion presque allergique à la tong. Une haine connue non seulement dans mon cercle familial, mais aussi dans mon cercle professionnel. Il m’est même arrivé de croiser des personnes qui m’étaient totalement inconnues mais qui ne manquaient pas de me définir comme le « mec anti-tong » le plus virulent de la planète.

Vraiment anti-tong, moi ?

imageSi la chose est, à peu de détails près, exacte, il convient de rétablir toutefois quelques vérités ou du moins apporter quelques précisions quant à cette situation peu commune. Des précisions que j’ai déjà plus ou moins apportées, mais que je ne manquerai jamais de ressasser. Bis repetita placent, Repetitio est mater studiorum et Vir prudens non contra ventum mingit.

Première révélation : à la base, en fait, je n’ai rien contre les tongs.

Et oui. La tong en elle-même ne me dérange pas plus que ça. D’ailleurs, ma chère, tendre et aimante épouse ainsi que mes deux gamines en portent. C’est autant pour ma réputation de tyran sanguinaire, ça. Je ne leur interdis pas et ne leur ai jamais interdit de porter des tongs. Pire, il m’est arrivé de leur en offrir, le résultat étant tout à fait mignon.

Deuxième révélation : Car oui, les tongs, ça peut être très joli.

Prenez un joli pied. Mettez-le dans une tong. Ça reste un joli pied qu’il est agréable de regarder. Et la tong, ne cachant rien de sa beauté, permet finalement de l’admirer dans son entièreté. Notez que je suis loin, très loin, d’être un fétichiste du ripaton. J’aurais même un certain dégoût pour la plupart. Mais soyons honnête : un joli pied, c’est toujours un plaisir à apercevoir, même furtivement, entre deux levers de tongs.

« On nous aurait menti ? » « Serais-je en réalité un faux ennemi de la tong ? » et, si je n’ai rien à la base contre les tongs, « Finalement, où est le problème, alors ? » allez-vous me demander.

imageDéjà, c’est mon édito et je vous prierais de bien vouloir cesser de l’interrompre avec vos questions stupides. Malgré tout, je vais y répondre parce que j’ai bien dormi et que je suis de bonne humeur pour le moment.

Donc. Le problème n’est pas la tong. Le problème, est l’utilisation que vous en faites. Mais si. C’est vous le problème et ça a toujours été vous.

Déjà, regardez vos pieds. Regardez bien. Regardez mieux. Franchement, vous croyez qu’on a envie de voir ça ? Les doigts de pieds tordus, les ongles sales ou jaunes, les cales, les verrues, les poils noirs trop longs, les doigts de pieds trop maigres, trop boudinés, les ongles cassés que vous tentez de cacher sous dix couches de vernis immonde… franchement, à ce niveau-là, soyez sympa, gardez vos chaussettes et vos chaussures. Vos pieds sont à vomir.
Et si à ce paragraphe vous répondez un « mais n’importe quoi, ils sont jolis mes pieds », demandez quand même confirmation à votre conjointe, conjoint, ou même vos enfants qui sauront, eux, trouver les mots justes.

imageJ’ai voulu d’ailleurs faire l’expérience avec ma fille cadette.
Mes pieds, sans être des canons de beauté, présentant quelques défauts mineurs çà et là, ne sont pas pour autant repoussants. Elle s’est tout de même, à la question « tu les trouves jolis mes pieds », fendue d’une grimace qui voulait en dire long, à laquelle, dans une mise en scène théâtrale, elle a rajouté un haut le cœur. CQFD. (Ce qui n’est pas l’acronyme de « Connerie de Quiche de Fille Débile », notez bien). La grande majorité des pieds sont moches. Et de la même manière qu’on n’a pas forcément envie de croiser sa voisine de 90 ans en string monokini sur la plage, on n’a pas forcément non plus envie de voir vos pieds.
Bref. Dites-vous que globalement, vous avez des pieds de merde et que si vous décidez quand même de les montrer au monde entier en les collant dans des tongs, il ne faut pas s’étonner si un type saute dessus à pieds joints en hurlant. Ni s’étonner si ce type, c’est moi.

L’autre problème, et non des moindres, c’est que la majorité des possesseurs de tongs a oublié qu’il s’agit d’un putain d’accessoire de plage et uniquement d’un accessoire de plage, malgré ce que les fabricants de tongs essayent de vous faire gober (et que vous avalez sans sourciller, cons que vous êtes). Ce n’est pas une chaussure. Utiliser une tong quand marche dans le métro, se curer les pieds au restau, marcher en ville sur les trottoirs dégueulasses avec… c’est à placer entre l’immonde et le nauséabond. Voire la connerie quand on croise des promeneurs avec, sur les sentiers de randonnées.

imageEt oui, j’ai déjà vu des gens se gratter l’intérieur des doigts de pieds, usé par la ficelle de la tong, entre deux bouchées au restau. A gerber. Ma chère, tendre et aimante épouse, si elle rédigeait cet édito, pourrait ajouter que oui, mais ce n’était pas une raison pour me lever d’un seul coup en lâchant un (très) bruyant « beeeeurk » dans tout le restaurant avant d’ajouter, devant le personnel et les clients médusés que non, la bouffe est très bonne, mais que le mec à côté me donne envie de vomir. N’empêche qu’il est parti avant le dessert et ça m’a permis, moi, d’en prendre un.

Enfin, pour clore tout à fait le débat qui n’en est pas un puisqu’il s’agirait plutôt d’un monologue, je tiens quand même à vous rappeler qu’une tong, c’est un bête morceau de plastoc avec une bête ficelle (en plastoc la plupart du temps) qu’on vous vend une fortune, avec plein de couleurs et de dessins alors que putain, on les voit pas vu que t’as le pied dessus ! Et ce n’est pas parce que tu rajoutes une fleur, un brillant ou des paillettes de merde dessus que ça vaut les 20, 30 voire 40 ou 50 € auxquels ont te vend cette saloperie.

Vous êtes Ri-di-cu-le.

Je pourrais vous tartiner encore des tas et des tas de choses sur pourquoi ne pas porter des tongs. Vous parler des champignons sur les pieds. Des microfissures sur les doigts de pieds qui favorisent les infections. Mais on va s’arrêter là.

La prochaine fois, je vous parlerai de mon aversion totale pour les claquettes et à quel point vous avez l’air con (mais vraiment très très con) avec. Surtout quand vous les portez, comble de l’ignominie vestimentaire et summum du ridicule, avec des chaussettes

 

 
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Commentaires

Ecrit par clayman00 le 25/07/2021 à 12:07

 

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Inscrit le 03/01/2012

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Ahhhhhhhhh smiley 9
( moi il paraît que jai de joli pieds... mais comme je ne conduit pas en tong, ça reste à la maison )

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