L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 3 octobre 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Je baisse, je baisse, je baisse

imageDepuis quelques semaines, je sens bien que je ne suis pas au mieux. Je pourrais même affirmer, sans trop m’avancer, que j’oscille entre le « pas top niveau forme » et le « tout décrépit ». J’ai connu certaines bâtisses millénaires qui se portaient mieux que moi et certaines ruines qui étaient en meilleur état.

Des douleurs se réveillent à des endroits de mon corps dont je ne connaissais même pas l’existence et quelques gestes quotidiens qui ont toujours été anodins relèvent désormais plus du chemin de croix, comme faire mes lacets, prendre un paquet de pâtes dans le placard du bas ou claquer les fesses de ma chère, tendre et aimante épouse pendant que je lui assène ces fameux coups de boutoir qui ont fait ma renommée, si ce n’est internationale, au moins dans mon petit village paumé.
Pire : plus les douleurs se réveillent, plus je dors. Pas une journée sans que l’appel de la sieste sur mon canapé ne se fasse pressant. Pas une soirée sans que mon œil ne tremble de fatigue devant un film trop long.

Je vois bien que je baisse. Physiquement, je baisse. Je baisse, je baisse.
Je sens bien depuis quelque temps que je m’essouffle beaucoup trop bruyamment, anormalement, dans certains escaliers trop raides ou dans certaines femmes trop molles, comme le disait si justement Pierre Desproges qui, de sa plume tout du moins, avait oublié d’être con et que l’on devrait faire étudier aux enfants, et à leurs parents, histoire de tenter de relever un peu le niveau de l’intelligence moyenne.

Je baisse, je baisse, je baisse.

Comme quoi, un s en trop dans un verbe et votre vie passe de plaisir à souffrance.

imageJe me suis même ruiné le dos, cette semaine, lors d’un swing à la batte de baseball. Un geste que j’ai pourtant répété mille fois. Et là, bim, l’accident bête. Un muscle dont je n’avais jamais entendu parler a claqué comme un vieil élastique trop sollicité et moi, je me suis effondré comme une merde, à quatre pattes, gémissant de douleur comme un enfant cambodgien qui vient de jouer à saute-mouton sur une mine anti-personnelle.
J’ai été obligé de finir le travail à la chignole, c’est dire. J’aime bien la chignole, cela dit. Certains énergumènes lui préfèrent la perceuse électrique. Ça dénote un manque de classe évident doublé d’une prise de risque stupide en cas de problème d’alimentation (coupure d’électricité ou absence de source d’énergie par exemple). Mais plus que ça, la chignole, c’est un hommage rendu aux aînés et à leurs méthodes ancestrales qui depuis longtemps ont su porter leurs fruits.

Oui, je sais, j’avais promis à ma chère, tendre et aimante épouse que je me mettais au vert, que je faisais un break niveau violence, que je gardais les mains dans les poches même lorsqu’une situation nécessiterait de manière évidente une bonne baffe dans la gueule, mais que voulez-vous, parfois, les événements vous rattrapent. Cette semaine, nous avons pris un coup de massue en plein dans la face, via le coup de fil du collège pour nous annoncer qu’une gamine accusait notre fille cadette de harcèlement.
imageEt pour être tout à fait honnête, je suis l’anti-exemple (ça se dit, ça ?) de l’expression « les chiens ne font pas des chats ». Autant moi, on aurait dû m’abattre depuis longtemps parce que j’ai la rage, autant mes gamines sont d’une gentillesse extrême et ce, malgré mes essais répétés pour les initier à la violence envers autrui.
Mais quand une affaire comme ça vous tombe sur le coin de la tronche, autant vous dire que c’est un choc. Un tsunami d’émotions désagréables, de questionnements angoissés et d’incompréhension totale, doublé d’un sentiment profond d’injustice. Après enquête menée parallèlement par le collège et moi-même, il apparaît au final que ladite petite pute a lancé de fausses accusations, qu’elle est instable psychologiquement et qu’elle va être suivie par un professionnel. Ma gamine a donc été totalement mise hors de cause. Mais je peux vous dire qu’on est passé par tous les états, ma fille, ma chère, tendre et aimante épouse et moi.

Et quitte à être suivi par un professionnel, vu que j’en suis un, je me suis dit que je pouvais aller proposer mes services à la petite pute et ses parents. D’où la batte et la chignole.

Ah ben ouais, mais fallait préciser de quel professionnel elle avait besoin, hein.

Mais bref. Résultat, crac le dos. En vrac. Je me traîne comme une loque doublée d’un tas de débris, déambulant dans la maison à gémir au moindre mouvement qui met mon corps à l’épreuve. M’habiller me fait tellement mal que je suis même sorti hier chercher mon pain à poil sous mon peignoir, en chaussons, sous des trombes d’eau, chaque coup de vent dévoilant mon anatomie secrète, ci à une petite vieille, là à une mère de famille, là encore à une enfant d’école primaire.

La semaine va être pénible. Pour les autres, aussi.

 

 
image

 

 

 

 

Home

 

 

Commentaires

Ecrit par 10r le 03/10/2021 à 12:45

 

1

avatar

Inscrit le 18/03/2010

Voir le profil

Je suis une antiquité depuis cette semaine smiley 4

4845 Commentaires de news

Ecrit par golfeur78 le 03/10/2021 à 16:01

 

2

avatar

Inscrit le 13/01/2014

Voir le profil

smiley 34mon pauvre Cédric te voila vieux maintenant que de malheurs reprends toi et arrêt de montrer ton micro pénis à tout le monde merde de la tenue biz

4 Commentaires de news

Ecrit par Papa Panda le 03/10/2021 à 18:16

 

3

avatar

Inscrit le 26/03/2014

Voir le profil

Sympa l'édito ;)

Par contre, j'ai lu avec moins de 's' smiley 22

1596 Commentaires de news


Ajouter un commentaire

Vous devez être inscrit sur le site pour poster un commentaire

Derniers Commentaires

43309-harcelement-mal-dos-douleurs-bordel-je-suis-vieux