Mad Max (PC, Xbox One, PS4)

 

Publié le Jeudi 3 septembre 2015 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Mad Max (PC, Xbox One, PS4)

Max au minimum

imagePour bien comprendre ce test, il faut déjà savoir à quel point je suis fan des univers post-apocalyptiques. Elevé par la série des films Mad Max d’origine ou par des films plus confidentiels comme Apocalypse 2024, plongé dans les jeux Fallout, passionné par les romans tels celui de David Brin, le Facteur, qui sera d’ailleurs adapté par Kevin Costner au cinéma quelques années plus tard, j’ai toujours eu un faible pour ces histoires de héros survivants dans un monde dévasté par la folie des hommes.

Autant dire que quand j’ai appris qu’Avalanche Studios, à qui l’on doit les très bons Just Cause, bien délirants à souhait et au gameplay bourré de possibilité, développait un jeu Mad Max, j’y ai placé tous mes espoirs de cette fin d’année.

La déception est donc à la hauteur de ma passion pour cet univers et de mes espérances d’un jeu culte. Car n’ayons pas peur des mots, sous couvert d’un enrobage détonnant et de graphismes bluffants, Mad Max est un mauvais jeu.

Tout commence par des aberrations scénaristiques. Dans une scène d’ouverture sans intérêt, Max est poursuivi par les sbires de Scrotus. A une lettre près, l’ennemi principal avait donc un nom de trou du cul. Après avoir dézingué la moitié de l’armée de l’autre taré, Max succombe sous le nombre. Dans un incompréhensible élan de générosité, cette armée de dingues, malgré les pertes, décide de laisser Max en vie. Max qui, malgré s’être fait roué de coups, se remet sur ses pattes et court après une voiture, qu’il rattrape sans problème pour aller affronter Scrotus en personne, dont la garde rapprochée semble être en fait une garde éloignée. Après lui avoir cisaillé la tronche à la tronçonneuse, mais sans le tuer, Max perd son duel et échoue dans le sable du désert. Là encore, on le laisse en vie parce que bon, on est dans un bon jour on vous dit.
Comme par hasard, Max fait ami-ami avec un toutou capable de dénicher tout ce dont vous aurez besoin : armes, eau, pièces métalliques. Comme par hasard, Max tombe sur un paria génie de la mécanique automobile qui va devenir son meilleur allié et lui construire une nouvelle voiture : la Magnum Opus.
Max, qui ne souhaitait que récupérer son Interceptor, récupère donc cette voiture et, plutôt que de se barrer voir ailleurs si l’herbe est plus verte, ou du moins si elle existe tout court, décide quand même de se venger et de buter Scrotus une bonne fois pour toutes, ainsi que toute son armée jusqu’à la moindre sentinelle.


screenBref, le jeu Mad Max n’a de Mad Max que le nom. En une intro, c’est toute la philosophie du personnage et de son univers qui est violé dans tous les sens, façon tournante sordide dans une cave. C’est moche.

Durant toute la partie, vous allez piloter la Magnum Opus et enchaîner les missions. Chumbucket, le paria handicapé moteur et mental, est jugé sur la bagnole et vous la réparera en cas de pépin. Car oui, si elle peut exploser, la voiture ne sera jamais complètement détruite, votre acolyte immortel la réparant avec un rouleau de sparadrap et une clef à molette, en moins de temps qu’il n’en faut pour flinguer un ennemi.
Au fil du jeu, vous allez débloquer des améliorations pour la voiture. C’est d’ailleurs là le seul vrai intérêt du jeu. Carrosserie renforcée, moteur plus puissant, déco, grappin, lance-flammes sur les côtés, calandre renforcée pour harponner les véhicules ennemis…
Effectivement, voir évoluer sa voiture et découvrir peu à peu la puissance de ses nouveaux gadgets est grisant. Seulement comme le jeu est excessivement simple, et que vous gagnerez donc des crédits sans souci, cette évolution n’est bridée que par la frustrante attente de débloquer l’évolution supérieure dans une mission du scénario.

Max aussi pourra gagner en performance, à savoir gagner en fureur (coups plus puissants), en santé, en taille de gourde, en régénération… même si cette évolution du personnage est un peu gadget par rapport à celle de la voiture.

screenSillonnant interminablement le désert caillouteux et plombé par d’innombrables précipices, vous allez répéter inlassablement les mêmes missions… Foutre en l’air un poste avancé, foutre en l’air une tour d’observation (le grappin peut aider) ou foutre en l’air un convoi de plusieurs véhicules ennemis, à grands renforts de tôle froissée, à se rentrer dedans comme des furieux (là aussi, le grappin peut aider). De nombreux passages se feront à pieds, à combattre à mains nues (les munitions pour votre fusil à canon scié sont peu nombreuses et de toute manière, la visée est nulle et automatique, ce qui rend quasiment impossible de viser un hurleur, par exemple, que vous devez absolument buter avant qu’il ne donne l’alerte dans un camp). Le souci est que ces combats sont mous et répétitifs. On pare, on contre-attaque, on frappe, le tout dans une chorégraphie mollassonne et sans génie, via des animations saccadées et que vous ne pouvez interrompre une fois lancées. Les développeurs ont voulu faire du Assassin’s Creed à mains nues, mais ont réussi à rendre les combats inintéressants, lents et leur enlever toute la fureur et toute la violence propre à cet univers et à ce mode d’affrontement.
Ajoutez les bugs de collisions et les restrictions de mouvement ridicules et insupportables : vous pouvez sauter, mais ne pouvez grimper sur rien, pas même sur le capot d’une bagnole ou sur un petit muret de 30cm. Pour grimper, il faut impérativement repérer la barre jaune pétante qui vous indique où vous pouvez progresser. Un code couleur grotesque et répété jusqu’à la nausée.

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screenOn terminera ce constat consternant par la pauvreté globale des éléments du jeu : à part des pièces mécaniques, qui permettront de payer vos améliorations, ou les bidons d’essence, il n’y a strictement rien à récupérer. Ah si, des artefacts de l’ancien temps. Sans intérêt aucun soit dit en passant.

Alors certes. Les paysages sont beaux. Graphiquement parlant, on en prend plein la vue (jeu testé sur PC et PS4). Lorsqu’une tempête de sable se lève, c’est encore plus bluffant. Bref, Mad Max est un jeu visuellement réussi. Même les caisses sont belles.
Il conviendra également d’atténuer un brin ma diatribe en précisant que les affrontements en voiture sont parfois grisants. Rarement compliqués, certes, mais sympathiques. Ceux contre les convois notamment, offrent quelques passages assez fun.

screenBref, tout n’est pas non plus à jeter dans ce jeu. Pire encore : il est fort probable que vous vous y amusiez une petite paire d’heure, si vous n’êtes exigeant ni sur la variété du gameplay, ni sur le scénario, et ne retenez que la fureur de la tôle et du moteur, et le sable à perte de vue.

Mais soyons honnête : Mad Max est un jeu raté. Un jeu qui n’est pas du tout à la hauteur de nos espérances, ni même à la hauteur de l’univers qu’il représente. Un jeu qui n’est pas loin de faire honte à ses origines, qu’il trahit par un je-m’en-foutisme clair et assumé d’un studio qui n’a pas cherché à faire d’une série de films cultes, un jeu culte, et s’est contenté du strict minimum. De quoi donner l’impression d’un simple travail de commande, sans génie ni talent. On les attend au tournant avec Just Cause 3, qui a intérêt d’être d’un tout autre calibre.

 

 
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Mad Max (PC, Xbox One, PS4)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4

Editeur : Warner Bros Games

Développeur : Avalanche Studios

PEGI : 18+

Prix : 60 €

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Mad Max (PC, Xbox One, PS4)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 5/10

 

 

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