Metal Gear Survive (PC, Xbox One, PS4)

 

Publié le Mardi 27 février 2018 à 12:00:00 par Vincent Cordovado

 

Test de Metal Gear Survive

Finalement pas si mal !

imageRares sont les titres à avoir suscité autant d'animosité que Metal Gear Survive. Il fait malheureusement pour lui partie de cette liste très restreinte de titre qu'on ne connaît pas mais sur lequel on prend plaisir à cracher à la gueule, sans lui donner la moindre chance. Petit rappel des faits, lors de son annonce, Metal Gear Survive ne s'est pas fait que des amis. Loin de là. Pourquoi ? Parce qu'Hideo Kojima, le créateur de la série Metal Gear ayant été gentiment remercié par Konami, on s'attendait à ce que la licence disparaisse avec lui. Alors forcément, l'annonce du titre lors de la Gamescom 2016 aura eu l'effet d'une bombe dans la communauté des joueurs, fidèle à Kojima. Moi-même, grand grand grand fan de la licence (j'ai plié tous les épisodes dans tous les sens), j'ai ressenti cette annonce comme une sorte de trahison. Reste que voila, à un moment, il faut savoir se sortir les doigts des fesses, ne pas rester bloqué sur des aprioris, prendre un peu de recul et s'ouvrir les chakras. Et finalement, ce Metal Gear Survive, ça donne quoi ?

Metal Gear Survive est un spin-off. Si le titre perd la mention Solid, ce n'est pas pour rien. Ici, nul question de Big Boss, Solid Snake et compagnie. Les événements du titre se déroulent directement après Metal Gear Solid V : Ground Zeroes. Vous êtes un des soldats présents sur la Mother Base, lors de son attaque, par le XOF. Juste après la destruction de la plateforme, un trou de ver s'ouvre et happe tout ce qu'il trouve. Pirouette scénaristique de folie, vous réussissez à ne pas vous faire happer mais perdez votre bras. On vous apprend qu'en fait, le trou de ver mène à Dité, un monde parallèle infecté par un putain de virus, qu'une unité a été envoyé pour en apprendre plus mais que bien entendu, elle ne donne plus de signe de vie, que vous êtes vous même infecté et que donc... on vous y envoie. Et que si t'es pas content, tu fermes ta gueule. Bref, c'est complètement capillotracté, mais finalement... pas plus que ce que pouvez nous sortir Kojima par moment. La mise en scène et la tension en moins quand même. Faut pas déconner non plus. N'est pas Kojima qui veut.


screenVotre œil averti et vos grandes connaissances dans la langue de Shakespeare vous auront probablement permis de repérer la présence du verbe survivre dans le titre. Oui parce que c'est un peu ça le credo du titre. Si Metal Gear Survive reprend en très grande partie les contrôles, décors et le gameplay de MGS V, la grande différence se situe sur le fait qu'il va véritablement falloir gérer aussi bien sa faim, que sa soif ou encore son oxygène dans certains cas. Ainsi, vos premières missions seront d'aller trouver un point d'eau et de chasser quelques bestioles afin de pouvoir boire et vous préparer à manger. Plus tard, vous découvrirez la joie d'avoir un potager et de se charger de la production de pommes de terre par exemple, indispensable pour pallier aux manques de bestioles du coin (oui parce que forcément, après avoir tout massacré, il ne reste plus grand chose à manger...) ou la cueillette de plantes sauvages. Attention à ce que l'on récupère, l'eau est la plupart du temps croupie avec le risque de rendre malade votre avatar, il faudra donc la faire bouillir en récuprant une casserole, idem pour la viande, si vous tardez trop à faire cuire votre barbaque, vous n'aurez plus qu'à la balancer. Votre faim influe sur votre quantité totale de PV tandis que la soif influe sur votre endurance. Si jamais vous tardez trop à répondre à l'un de ces besoins, vous en paierez le prix fort. Votre personnage titubera. Sa vision amoindrie. Et il mourra. Bref, le système est franchement efficace et offre son petit lot de stress. Oui, parce que quoi que vous fassiez, même en allant dans les menus, comme dans la réalité, votre faim et votre soif augmente. Finalement, il ne faut jamais être en arrêt. Toujours prêt à partir en mission.

screenEn avançant dans le scénario, on découvre de nouveaux éléments permettant de faire évoluer notre base : ajout d'établis pour crafter aussi bien des équipements que de nouvelles armes ou protection à utiliser pour la base. Grâce aux tonnes de matériaux que l'on récupère lors de nos pérégrinations, on va pouvoir créer des outils ou rendre plus efficaces certaines armes. Les possibilités sont nombreuses. Vraiment nombres. Et finalement, on se plaît à partir en mission pour récupérer du matos afin de se fabriquer un nouveau flingue, une nouvelle machette. A côté de ça, vous recruterez durant vos missions divers protagonistes qu'il faudra affecter au bon poste dans la base. Il faudra également veiller à ses besoins. Le titre offre une approche de la gestion loin d'être mauvaise. Outre les ressources classiques, vous allez récupérer du Kuban, un matériau spécifique à Dité qui vous permettra de faire évoluer votre personnage en apprenant de nouvelles compétences selon la classe choisie.

screenSi manger de la chèvre, c'est bien, il va aussi falloir partir à la découverte du monde de Dité. Pas de chance pour nous, ce monde est du genre bien hostile. L'humanité n'est plus, remplacée par des Errants qui voudront gentiment vous exploser le crâne. Et forcément, quand à chaque sortie, on en rencontre plusieurs dizaines, ça se complique. Régulièrement vous allez devoir réactiver des points de téléportation qui font un bordel monstre et attire des vagues d'ennemis. Vous devrez rapidement analyser le terrain, construire des murs et des pièges pour vous aider à tenir le temps de la réactivation de la machine (souvent plusieurs minutes). Ces moments sont généralement bien stressants. Il est difficile d'avoir l’œil partout et notre endurance et santé s'amenuisent très rapidement. Mais ça reste franchement fun. Ajoutez à cela que pratiquement toutes les missions se déroulent dans la "Cendre", une brume constante qui vous empêche de voir à plus de 10 mètres, vous oblige à porter un masque, donc à gérer votre oxygène, en plus de votre endurance qui font encore plus vite. Bon, si graphiquement, ce n'est pas une réussite, la brume rend les paysages franchement dégueulasses, le fait d'avoir une vue limitée (en plus de la carte qui ne signale plus votre position), d'être submergés d'ennemis avec une épée de Damoclès au dessus de la gueule (l'oxygène qui dégringole rapidement) permet de bons gros moments de stress. Vos coups étant limités et leur vitesse d'exécution relativement lente. Par ailleurs, vous découvrirez assez rapidement qu'il n'existe pas que les Errants, vivant dans cette brume...

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screenMetal Gear Surive propose également de pouvoir jouer en multijoueurs afin de récupérer des ressources avec vos meilleurs potes. Globalement, il s'agira de missions définies vous demandant de protéger une zone des hordes d'ennemis. L'avantage est que cela vous offre un bon paquet de ressources. Là où c'est moins chouette, c'est que jouer en multi donne un sérieux avantage fasse à ceux qui jouent en solo. Je m'explique. Si en solo, les jauges de fin et soif descendent à toute vitesse, en multi, elles semblent s'être figées. Ajoutez à cela que récupérer des ressources devient de plus en plus compliqué en solo parce que tout ne réapparaît pas rapidement et vous constaterez un traitement franchement différent entre les joueurs en solo et en multijoueurs. Dans les autres trucs qui pêchent, comme ne pas se dire que Konami se fout un peu de notre gueule avec certains achats possibles en ligne ? Outre les boosts classiques, on se retrouve à pouvoir acheter des slots de sauvegardes supplémentaires... Franchement. C'est quoi ce délire. Idem si l'on souhaite changer d'avatar. Il faut raquer. Disons que le titre n'avait pas besoin de ce genre de chose et que là, c'est clairement donner du grain à moudre à tous les détracteurs du titre qui diront que Konami ne souhaite que faire de la thune.

screenSi pour l'instant, j'ai dépeint un tableau relativement correct du titre, qui finalement est bien moins mauvais que ce qu'on pouvait imaginer, tout n'est pas rose non plus. Graphiquement déjà, c'est MGS V, ni plus, ni moins. Le titre accuse quand même un peu le coup de l'âge et franchement, la présence de la Cendre, même si elle joue sur l'immersion, rend le titre globalement dégueulasse. Idem pour son contenu, si le titre est plaisant au début, on se rend compte que les situations peinent à se renouveler et finalement, on fait toujours la même chose. De même, on pourra déplorer que, contrèrement à un MGS, la mise en scène ne brille jamais. Mais vraiment jamais. Les personnages sont relativement plats. Tout est cousu de fil blanc. Bref, le fan de Metal Gear n'aura pas sa dose de pirouettes scénaristiques.

screenMais finalement, Metal Gear Survive assure le job. Ni plus, ni moins. Le titre répond aux critères du jeu de survie, sans jamais avoir l'étincelle qui lui permettrait d'être un grand jeu. Reste qu'on est bien loin de la merde annoncé par tous les fans de Kojima. Le titre de Konami possède bien des défauts mais également de nombreuses qualités. Le titre ne serait pas estampillé Metal Gear, on en ferait pas tout un fromage et on dirait que c'est un survival très correcte. D'autant plus qu'il est proposé à un tout petit prix : 40 €. Au final, puis-je le conseiller ? Clairement que oui. Après, cela dépendra surtout de vos attentes en tant que fan de la série ou non.

 

 

 
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Metal Gear Survive (PC, Xbox One, PS4)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4

Editeur : Konami

Développeur : Konami

PEGI : 18+

Prix : 30 €

Aller sur le site officiel

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