Carrion (PC, Xbox One, Switch)

 

Publié le Mardi 28 juillet 2020 à 12:00:00 par Vincent Cordovado

 

Carrion (PC, Xbox One, Switch)

Carrion sonne le glas

imagePrenez un laboratoire secret dans une base militaire, un monstre assoiffé de sang, des militaires armés qui se font pourtant massacrer à la pelle, des hurlements, des membres arrachés, du sang, de la tension et du suspens et on se dit qu'on a droit à un survival-horror comme on en connait plein. Sauf que cette fois-ci, vous êtes de l'autre côté de la barrière et que donc, le monstre assoiffé de sang, c'est vous. Ca donne envie, non ? C'est ce que nous propose donc Carrion, le nouveau titre édité par Devolver Digital et développé par Phobia Game Studio, sur Nintendo Switch, PC et Xbox One.

Dans Carrion, vous incarnez donc la bête qui va terroriser toute la base militaire en essayant de s'en échapper. Disons-le tout de go, Carrion ne brillera absolument pas par sa narration pratiquement inexistante. Qui ? Quoi ? Comment ? Les questions resteront sans réponse car aucun texte ne viendra vous en apprendre d'avantage. Pas de document à lire (ben oui, on incarne une bête) et les 3 flashback où l'on incarne un humain ne m'ont pas permis de comprendre grand chose de plus. Bref, de ce côté là, clairement, je suis resté sur ma faim. Ce qui brillera bien plus, par contre, ce sont les canines de la bête qu'on incarne. Sur ce point, Carrion est une franche réussite. La bête est vive, rapide et quelques secondes suffisent pour comprendre qu'on va pouvoir lui faire croquer la vie à pleines dents. Au sens propre. Les déplacements sont fluides, rapides et c'est franchement grisant.

imageCarrion se présente comme un Metroidvania : le jeu est composé d'un seul est unique niveau qui se divise en plusieurs zones à explorer. Vous allez devoir arpenter chacune de ses zones afin de les contaminer en affectant certains points qui feront, à la fois, office de checkpoint, lieu de régénération mais qui permettront également de débloquer d'autres portes pour avancer. En gros, chaque zone va demander d'infecter 3 à 6 points précis pour débloquer la zone suivante. Au gré de vos pérégrinations, vous allez pouvoir compléter votre arsenal de coups. La simple prise par tentacule se verra complétée par divers pouvoirs variés : la charge, les pics, le filet, le fait de pouvoir être invisible, voire invincible ou de pouvoir parasiter les humains. Là où le titre est intéressant, c'est que certains pouvoirs ne sont accessibles que sous certaines formes (3 formes possibles, 4 si on compte la forme aquatique) et il faudra délibérément perdre en masse pour pouvoir avancer et utiliser certains pouvoirs. Grosso modo, le titre est ponctué de casses-têtes qui vous demanderons, par exemple, de revenir à votre forme la plus faible mais la plus agile, pour pousser un levier lointain ou passer à travers un laser en étant invisible, ou encore d'être dans votre forme la plus évoluée pour vous mettre en invincibilité et passer une mine inévitable. Mon pouvoir préféré est le parasitage qui vous permet de pouvoir prendre le contrôle d'un humain pour activer un levier ou encore nettoyer une salle en toute tranquillité.
 

Tout le sel du titre vient des possibilités qu'ils offrent et des situations qu'il propose pour les mettre en application. Et il faudra véritablement maitriser nos différentes formes pour s'en sortir au mieux. D'autant que si le jeu est relativement simple durant sa première moitié, cela se complique un peu par la suite et beaucoup dans le dernier segmeavec des zones remplies d'ennemis de toutes sortes (robots volants, robots mitrailleurs, humains avec fusils et lances-flammes) qui pourront vous tuer en quelques secondes. A vous de voir donc, si vous préférez la rapidité de la première forme mais avec une barre de vie moindre à la brutalité de la troisième, extrêmement ravageuse, mais moins bien facile à déplacer (et ne parlons pas de pouvoir se cacher facilement...).



imageGlobalement, la formule fonctionne bien. La tension est présente et on ne s'ennuie presque pas durant les 5 à 6 heures qu'il faut pour terminer le titre. Je dis presque parce que personnellement, j'ai trouvé que sur la fin, c'était un poil redondant. Il y a trop de lieux à parasiter pour ouvrir une simple porte et les environnements se ressemblent tellement qu'on finit par s'y perdre. Si je comprends tout à fait qu'en incarnant un monstre, il était difficile de proposer au joueur une map, un peu plus d'indication n'aurait pas été de refus. Je déplore également une IA que j'ai trouvé à la ramasse par moment. Pour ne pas dire franchement conne. Parfois, les ennemis réagissent de manière adéquate, d'autres fois, ça n'a pas l'air de les choquer de voir un collègue avec un tentacule de 10m qui lui sort du cul. Surtout quand ce collègue sort d'une pièce où, dix secondes avant, on pouvait y entendre des hurlements et des coups de feu...

Au final donc, Carrion est un titre franchement sympathique. L'ambiance est véritablement chouette, c'est assez immersif grâce à une bande-son qui fait le job et que dire des massacres qui sont véritablement jouissifs. Mais il lui manque certaines choses pour faire partie des grands jeux indépendants, du genre une narration mieux maitrisée et un contenu un peu plus conséquent. Mais qu'importe, pour sa première tentative, Phobia Game Studio s'en sort franchement bien. Et c'est le principal.

 

 
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Carrion (PC, Xbox One, Switch)

Plateformes : PC - Wii U - Xbox One

Editeur : Devolver

Développeur : Phobia Game Studio

PEGI : 18+

Prix : 19,99 €

Aller sur le site officiel

Carrion (PC, Xbox One, Switch)

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