Infliction Extended Cut (Switch)

 

Publié le Vendredi 24 juillet 2020 à 12:00:00 par Théo Valet

 

(Test) Infliction Extended Cut (Switch)

L'eau bénite ne va pas suffir cette fois

imageInfliction Extended Cut est une version améliorée d’Infliction premier du nom sorti en 2018. Les développeurs ont repris le jeu de base et ont changé la fin pour qu’elle soit meilleure, ils ont ajouté et retouché certaines scènes et implanté de nouvelles énigmes. Si vous n’avez pas joué à la première version, vous ne remarquerez rien de tout ça à part en allant voir du côté des bonus.

Dans mon article le présentant, j’ai expliqué qu'on incarnait un enquêteur rendu dans une maison remplie d’esprits afin de dévoiler la vérité sur les événements qui s’y sont déroulés. Ce n’est pas entièrement vrai. On se rend compte dès les premières minutes du jeu qu’on investigue dans notre propre maison, après avoir tué notre propre femme et essayé de prendre la fuite juste pour se crasher en voiture et mourir sur le coup. Le problème, c’est que notre défunte épouse n’est pas tellement contente de s’être fait assassiner. Elle décide donc de nous piéger dans notre ancienne maison et de nous faire payer par un moyen simple mais très efficace : nous écharper à chaque fois qu'elle nous attrapera. Vous ne savez pas comment vous en êtes arrivé à tuer votre femme, et vous allez devoir dévoiler toute la vérité en revivant chaque moment de votre vie de couple. Sans oublier bien sûr d’apaiser son esprit vengeur en accomplissant un rituel qui vous purifiera et lui permettra de partir. Pour ce faire, il faudra aller chercher divers objets qu'elle possédait pour tout faire brûler et réussir le rituel.
 
C’est à partir de ce pitch que vous entamerez une quête clairement pas de tout repos. Dans Infliction, tout change constamment, vous ne pourrez rien tenir pour acquis et serez déstabilisé tout au long de l’aventure. L’ambiance est très pesante et la lumière très faible, il ne faut surtout pas compter sur les interrupteurs pour allumer la lumière car apparemment EDF n’a pas reçu son paiement. Heureusement que vous avez avec vous une lampe pour bien vous repérer dans l'obscurité, et trouver les éléments primordiaux qui serviront à dévoiler tous les pans de l’histoire. Il faut bien tout observer car ces indices sont vitaux pour comprendre ce qu’il s’est passé. Mais ne vous inquiétez pas, les éléments importants brillent quand vous les éclairez afin de vous aider à les repérer. Cette façon de faire est très intéressante car on n’est jamais coupé dans notre exploration par de longues cinématiques, on a tout à lire et à trouver. Petit aparté, en regardant bien le décor vous pourrez trouver de grosses références à la pop culture avec des films connus, des jeux de NES ou autres jeux cultes comme Mass Effect.



imageIl est d'autant plus important de tout explorer que les éléments changent au fur et à mesure, et transforment la maison en véritable labyrinthe. Les chemins ne sont plus les mêmes et certaines pièces peuvent carrément se déplacer ou disparaître. Tout est fait pour nous perdre, on joue beaucoup avec notre perception des choses afin de nous faire ressentir la puissance de l’esprit libre de faire absolument ce qu’il veut de nous. Ces changements ont aussi un effet important sur la taille de la maison, qui n’est pas très grande de base mais devient immense à cause d’eux. Par moment, on parvient carrément à sortir de la maison en passant à travers un tableau ou en se faisant téléporter ailleurs. Les transitions de changements de lieu sont d’ailleurs parfaitement réalisées.
 
 S’ajoute à cette ambiance sombre et folle, un Sound Design aux petits oignons qui, à lui tout seul, vous donnera de sacrés frissons et ce même s’il n’y a rien de visuellement flippant ou dangereux à l'écran. Rien que les craquements du bois et les bruits de pas sont suffisants pour créer une atmosphère oppressante. Je pense que l’absence de musique en fond joue beaucoup dans l’angoisse qu’on ressent.

Les mécaniques sont très simples : de base on peut marcher, interagir avec les éléments et se cacher. Cette dernière action n’est pas utile tout le temps, cependant. Elle prend de l’importance dans certaines phases, lorsque l'on sait que les entités sont là et qu’elles veulent nous tuer. Plus tard dans le jeu, on débloque un appareil photo polaroïd qui va nous être très utile. Il va non seulement servir à prendre des photos afin de révéler des détails cachés dans le décor, mais aussi permettre de flasher le fantôme de notre femme quand elle essayera de nous tuer. Une fois flashée elle disparait un petit moment mais revient encore plus énervée qu’avant (et croyez-moi elle est déjà bien en pétard en général). L’appareil photo nécessite cependant des pellicules pour pouvoir continuer à fonctionner. Les mécaniques semblent peu nombreuses, et c’est le cas, mais elles sont suffisamment bien utilisées pour que le jeu ne soit pas ennuyant. On ressent d’ailleurs bien la référence à Outlast, ainsi qu'à Silent Hills P.T. au niveau des couloirs et de l’ambiance globale. C’est très plaisant car ces inspirations sont bien exploitées sans pour autant faire de la redite.

imageLe jeu a quand même un petit quelque chose bien à lui, et ça concerne la mort de notre personnage. Quand on se fait attraper et tuer par le fantôme, on meurt - jusque-là, normal - mais au lieu d’être coupé par un Game Over, on reprend directement après en se relevant dans une pièce qui sert de checkpoint. Cette pièce n’est pas la même au fur et à mesure qu’on progresse dans l'histoire. C’est une super idée car on a vraiment l’impression d’être au purgatoire et de revivre à chaque fois la même nuit où l'on se fait tuer inlassablement.
 
Une fois le jeu terminé, on débloque les bonus. Il faut en parler car ils sont très bien pensés. En cliquant dessus, on arrive dans un musée qui abrite toutes les œuvre d’art de notre femme avec leur nom. On voit pièce par pièce un récapitulatif de la vie de notre femme qui se forme. Cela permet d’éclaircir certaines zones d’ombres qu’on aurait ratées en jouant. On peut en plus voir, grâce à un écran géant, les vidéos de promotion du jeu, les scènes coupées et la première fin du jeu et pourquoi elle a été changée. Pour finir, on a une salle dédiée aux concepts arts, aux images promotionnelles et aux diverses affiches. C’est rarement mis en avant dans les jeux vidéo et ici c’est très bien fait. On a envie de passer du temps dedans à la fin de sa partie.


imageLe jeu ne contient pas beaucoup de problèmes, ou en tout cas pas de gros problèmes qui entachent l’expérience de façon importante. On a quelques problèmes de lisibilité à certains moments où on ne sait pas trop quoi faire. Mais le jeu est plutôt bien guidé et on peut vite s’y retrouver. Il faut penser à bien lire les missions dans le menu pause car elles recèlent des indices pour savoir quoi faire plus en détail.
 
Les autres problèmes sont plus de l’ordre des préférences des joueurs. Personnellement je trouve que le personnage incarné se déplace un peu lentement et ça me tend quelque peu. Surtout que la caméra n’est pas très rapide non plus, ce qui provoque des moments de flippe intense quand on entend un bruit derrière nous et qu’on se retourne bien trop doucement.
 
Je n’ai vu qu’un seul bug sur le jeu et c’est l’un des plus drôles que j’ai jamais vus. C’est un bug de collision tout bête mais c’est le fantôme qui l’a subi. Il est resté bloqué en travers à courir dans le vide sans cesser de vouloir me briser la nuque une nouvelle fois. Dommage que j’ai eu l’idée stupide de le flasher pour me venger, ce qui l’a fait disparaître et réapparaître derrière moi. Vous connaissez la suite…

imageJ’ai beaucoup aimé ce jeu, tant pour l’univers qu’il propose que pour son histoire avec un déroulé vraiment intéressant. D’autant plus que la quête principale est très bien amenée, je ne vous en dis pas plus et vous laisse voir par vous-même en y jouant. Les mécaniques sont basiques mais très bien mises en scène. On a un jeu qui ne fait pas peur pour faire peur, mais qui gère plutôt le niveau de tension exercé sur le joueur afin de l'oppresser en continu, même quand il n’est pas vraiment en danger. Cette angoisse constante complique l’exploration, car on craint de tout explorer et de tomber sur le fantôme qui est totalement impitoyable. Surtout que le système de glitch sur l’écran quand le fantôme est proche est vraiment très efficace pour nous faire stresser. Il y a quand même un moment où on s’habitue à la tension, ce qui la fait redescendre. Mais les développeurs l’avaient bien prévu et c’est à ce moment-là que le fantôme devient vraiment énervé et qu’il faut bien maîtriser les mécaniques pour s’en sortir et notamment celles de l’appareil photo. Les énigmes avec l’appareil m’ont d’ailleurs vraiment marqué tant elles sont bien pensées et intéressantes. La fin est peut-être un peu calme par rapport au reste mais vu comment on en a bavé durant tout le jeu ce n’est pas vraiment un problème, d’autant que la référence finale à un grand film d’horreur est juste magique.
 
Je vous conseille donc chaudement ce jeu. Vous en aurez pour cinq heures à le finir, mais ces cinq heures sont très bien gérées et très prenantes. Les coups de flippe sont au rendez-vous et si vous avez aimé les Outlast, vous aimerez à coup sûr celui-ci. D’autant plus qu’il n’est pas très cher. L’idée de faire une version Extended Cut a été une très bonne initiative pour ce jeu qui en est ressorti encore meilleur et plus peaufiné. 

 

 
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Infliction Extended Cut (Switch)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4

Editeur : Blowfish Studios

Développeur : Caustic Reality

PEGI : 16+

Prix : 14,99€

Infliction Extended Cut (Switch)

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