Doctor Strange in the Multiverse of Madness, la critique du film

 

Publié le Mercredi 4 mai 2022 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Doctor Strange in the Multiverse of Madness, la critique du film

Cape ou pas cape ?

imageAprès avoir filé un coup de main – discutable – dans Avengers Endgame et agi de manière inconsidérée (si, si) dans Spider-Man: No Way Home, le Dr Strange revient sur les écrans dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness.

On y retrouve toujours Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre, Benedict Wong qui porte bien son nom, mais aussi Elizabeth Olsen dans le rôle de Wanda/la Sorcière Rouge, Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Mordo et Rachel McAdams dans celui du Dr Christine Palmer. Ajoutez Xochitl Gomez dans celui d’America Chavez. Et même une apparition notable de Bruce Campbell (Evil Dead) dans un petit rôle offert par son réalisateur fétiche, Sam Raimi, puisque c’est lui qui est aux commandes de cet opus.

Le film débute par la mort du Dr Strange, par une créature cauchemardesque, alors qu’il tente de récupérer un livre sacré, le livre des Vishanti, et de protéger une jeune fille prénommée America. Ouf. Ce n’est qu’un rêve et il se réveille dans son grand lit, sans une goutte de sueur. Il s’habille et va assister, triste et résigné au mariage de son ancien amour, Christine Palmer. Durant la cérémonie, une bestiole attaque la ville et le Dr Strange, en compagnie de son ami gardien du temple Wong, va lui botter le cul. La bestiole poursuivait en réalité une jeune fille… qui n’est autre que celle de laquelle il a rêvé la nuit précédente, America. Tadaaaaaaam. Cette dernière lui apprend que tous nos rêves ne sont en fait que des projections de réalités dans le multivers. Oui, oui, même celui où vous couchiez avec une grand-mère de 90 ans sous les yeux de votre famille.

Rapidement, le bon – mais toujours très péteux – docteur va comprendre que :
  1. La jeune fille a le pouvoir de voyager dans le multivers
  2. Elle ne contrôle pas son pouvoir
  3. Elle est poursuivie par une entité maléfique bien décidée à lui voler son pouvoir
  4. Il va devoir protéger la fifille
Et c’est parti pour une longue promenade – pas vraiment de santé – à travers le multivers. De trahisons en mondes effondrés, il va avoir fort à faire pour mener à bien sa mission. Mais, hé, il a sa cape avec lui, hein.


imageEn toute honnêteté, et je ne l’ai jamais caché, je fais une vraie overdose des films Marvel depuis plusieurs années/films. Le manque de prise de risque, le copier-coller scénaristique, le manque totale de surprise, doublé d’un abus ad nauseam des effets spéciaux m’ont très largement éloigné de la franchise des super-héros. Et puis c’est pas ma faute, j’aime pas les collants moulants, ça me boudine.

Je suis donc allé voir ce Doctor Strange in the Multiverse of Madness à reculons. Vraiment à reculons. Et j’en suis sorti… avec un avis mitigé.

Il y a du bon, dans ce Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Sam Raimi y montre qu’il est définitivement un grand réalisateur. Il y appose sa patte avec maestria. A tel point, finalement, que le film est tout sauf grand public. Ambiance horrifique, démons, zombis, persos découpés en deux (c’est plus suggéré que montré, mais c’est sans équivoque), persos qui explosent de l’intérieur… sans compter les entités maléfiques parfois très chtoniennes et sans oublier certains décors très sombres, très angoissants… le film est assez noir et pensant dans ses intentions, assez dérangeant parfois, et ne s’adresse donc pas aux jeunes spectateurs. Moins de 10/12 ans s’abstenir.

imageC’est une surprise, plutôt bonne pour les cinéphiles, mais un choix plutôt bizarre, voire dommageable, pour une franchise qui se veut depuis longtemps très tournée vers un public familial (vente de produits dérivés oblige).

A part quelques chipotages sur « tel univers annoncé alors que ça aurait dû être l’univers numéro machin puisqu’on suit l’arc truc et non pas l’arc bidule la bonne preuve machine est habillée comme dans le Comics numéro chose »… les fans seront ravis par ce traitement du héros Marvel. Tout comme ils seront sans doute ravis de l’action frénétique qui claque à l’écran durant les deux heures de film. Ça n’arrête pas de combattre, de courir, de re-combattre, de re-re-combattre… bref, le rythme est très relevé, très intense.

Après, ne vous en déplaise, je ne manquerai pas de relever quelques (gros) points noirs du film. Inhérents, cela dit, à la franchise Marvel et pas spécialement à cet opus.


imageLa faiblesse scénaristique globale, tout d’abord. Avec des comportements quand même très très cons. Combattre cinq minutes un gros monstre, puis invoquer en plein milieu du combat une grosse scie circulaire qui découpe un bus, puis combattre à nouveau cinq minutes le gros monstre pour finalement qu’il meure bêtement comme mourrait n’importe quel animal… on se dit que si le Dr Strange avait invoqué sa scie géante pour découper le monstre, ça aurait été fini en 10 secondes et personne n’aurait été blessé. C’est vraiment con.

Tout aussi con, d’ailleurs, que de courir comme un dératé… mais se faire rattraper par un ennemi sur une jambe, qui boîte et semble avancer au ralenti… Cette scène, particulièrement pénible, montre d’ailleurs des héros aux abois, le temps leur étant compté… mais qui prennent quand même le temps de zieuter une porte pendant deux minutes sans comprendre pourquoi leur ennemi ne la traverse pas, ou font la visite de l’entre-deux dimension, prenant là encore bien leur temps pour récupérer un objet vital… et échouer comme des merdes, bien entendu.

Et puis bon… la morale finale de l’histoire, qui n’est autre que « l’amour triomphe de tout » a de quoi faire vomir. Ou rire aux éclats. Coup de bol, j’ai opté pour la deuxième solution, ce qui n’a pas été du goût de mes voisins durant la projection du film.

imageJe terminerai mes critiques sur la prestation de la jeune Xochitl Gomez dans le rôle d’America Chavez, pour préciser qu’elle a été très loin de me convaincre, en raison de l’absence de profondeur de jeu. Au contraire de Benedict Cumberbatch, plus en subtilité et beaucoup moins cabotin que dans le premier film, et Elizabeth Olsen qui prouve qu’elle est indéniablement la plus talentueuse des sœurs Olsen.

Ce ne sont que des exemples, notez bien. Parmi tant d’autres que j’aurais pu citer pour prouver que ce Doctor Strange in the Multiverse of Madness ne déroge pas à la règle des Marvel pour présenter un scénario grand-spectacle sans fond et à peine avec de la forme, bourré d’incohérences et de comportements ridicules à l’américaine.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas pour autant : j’ai au final plutôt apprécié ce Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Je ne dirais pas qu’il m’a complètement réconcilié avec les films Marvel, mais il m’a rappelé que parfois, ouais, un petit Marvel, ça peut le faire. Et je le répète, la qualité du film doit aussi beaucoup à son réalisateur. Film qui, là encore je me répète, n’est pas un film familial. Ça fait quand même du bien de voir que l’on peut, aussi chez Marvel, avoir des petits trucs un peu à part, comme ça. Bref, Doctor Strange in the Multiverse of Madness est un film réussi. Voilà.

 

 
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Plateformes :

Editeur : Marvel

Développeur : Sam Raimi

PEGI : 12+

Prix : Cinema

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