Alone in the Dark (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Mercredi 20 mars 2024 à 11:45:00 par Cedric Gasperini

 

Test Alone in the Dark (PC, PS5, Xbox Series)

Des hanches hantées

imageCertaines légendes ne devraient pas être déterrées et rester les monstres de génie qu’ils furent, sans engendrer de descendance. Alone in the Dark en est le parfait exemple.

Sorti en 1992, signé Frédérick Raynal, Alone in the Dark est le premier survival-horror en 3D. On pourrait même, en oubliant les tentatives 3D fil de fer et autres jeux qui n’avaient pas cette trempe, le qualifier de premier « vrai » jeu en 3D.
En tout cas, c’est un jeu qui a marqué l’Histoire du Jeu Vidéo. Il a ouvert la porte à de nombreux autres studios et, sans lui, nulle doute que l’on n’aurait pas de Resident Evil et autres titres cultes.

En tout cas, ce tout premier coup d’essai a débouché sur… des déceptions à répétitions. Une suite, sans l’équipe d’origine, sort l’année d’après et sombre rapidement dans l’oubli et le désintérêt. Idem pour le 3. Les tentatives suivantes de relancer la machine seront à l’image du film réalisé par Uwe Boll en 2005 : des échecs cuisants.

On n’attendait donc pas grand-chose de cet énième reboot, baptisé simplement Alone in the Dark, développé par Pieces Interactive, un studio suédois, et édité par THQ Nordic (à qui appartient le studio, d’ailleurs).

On n’attendait pas grand-chose, on n’a pas été déçu.


imageEmily Hartwood se rend au Manoir Derceto, une maison de repos, pour rendre visite à son Oncle qui n’a pas donné de nouvelle depuis longtemps et, surtout, qui lui envoie des lettres dans lesquelles il se dit en danger. Elle se fait accompagner par le détective Edward Carnby.
Après une intro sommaire dans laquelle vous sont présentés les faits, alors qu’Edward conduit l’automobile qui les emmène au manoir, nos deux héros trouvent porte close.

Au lieu de tambouriner à la porte et attendre que les occupants se bougent les fesses pour venir leur ouvrir, ils décident de… forcer les lieux. A ce moment, vous pouvez choisir entre l’un ou l’autre protagoniste. Emily tente d’entrer par-devant, Edward passe par derrière (ce n’est pas sale).
Ne cherchez pas pour autant deux gameplays, deux aventures inédites, deux scenarii qui se rejoignent en bout de course, comme on peut en voir dans The Last of Us 2, par exemple. Ici, les deux héros vivent la même expérience, la même aventure. Inutile de se dire que l’on va refaire le jeu avec l’autre personnage, les rares différences ne justifiant pas qu’on s’inflige cette peine.

imageDès le début de l’aventure, on déambule dans des niveaux cloisonnés, on récupère des objets dont on ne sait pas encore à quoi ils vont nous servir mais bon, le jeu vous demande de les prendre, alors vous les prenez, on trouve des munitions dans les tiroirs de la cuisine (logique, non ?), on ouvre des portes à l’aide de clefs dénichées çà et là, bref, on marche bêtement…
Une fois les habitants rencontrés, tout va partir à vau l’eau. Et ce sont des créatures qui vont apparaître et qu’il faudra combattre, des puzzles innombrables à résoudre, des pièces à explorer et des objets à ramasser.

Voilà grosso modo à quoi va se résumer votre expérience : explorer, résoudre des énigmes, combattre. Explorer encore.

Seulement, quand au bout de 10 minutes de jeu, dont 5 de cinématique, on se retrouve bloqué dans un escalier à ne plus pouvoir avancer et que l’on doit relancer la partie, on se dit que le test va être pénible. Et ce fut globalement le cas.


imageNiveau scénario, on suit bêtement une histoire à laquelle on ne croit pas. Engager David Harbour pour jouer Edward et Jodie Corner pour jouer Emily semblait intéressant sur le papier. En réalité, ils semblent peu concernés par les événements. La faute à un jeu d’acteurs fainéant, et à des seconds rôles médiocres. Les faits se déroulent sans qu’on s’attache à quoi que ce soit et on ne compte plus les réactions improbables ou cette impression tenace que les protagonistes ne se sentent pas concernés par ce qui leur arrive. La narration est clairement foirée, les dialogues sont à la peine, bref, le joueur poursuit l’aventure sans que ça lui en touche une, ni que ça lui bouge l’autre.

L’ambiance globale, quoi que portée par une bande-son de qualité, s’en ressent clairement. Et la mise en scène, d’une platitude extrême, plombe le tout. On pensait plonger dans un survival-horror, on se retrouve dans un jeu d’aventure sans peur, sans stress, sans angoisse. Même les combats, finalement, manquent de punch, de ressenti… d’intérêt.
La faute à un gameplay poussif. Les personnages sont lents, balourds, et pire, le jeu est buggé à vous en bloquer, parfois en plein combat, ou à foirer une scène de fuite qui se lance mal, au mauvais moment… On peste souvent, au final, de ce manque de fluidité des actions, de ce manque de rythme, de ce manque de réactivité.  Sans compter les bugs de collisions, pénibles, qui là aussi peuvent vous pousser à une fin prématurée.

imageEnfin, visuellement, la scène d’intro donne le ton : ce n’est pas très beau, c’est mal animé et vous n’arriverez pas à vous sentir immergé dans l’histoire. Ce n’est pas moche non plus, notez bien. Il y a quelques pièces qui valent le détour. Mais globalement, ce n’est pas folichon quand même et on pouvait s’attendre à largement mieux pour un jeu de 2024.

Au final, cet Alone in the Dark est dans la lignée des précédentes suites et autres reboots : sans intérêt. Paresseuse, mal finie, avec une narration poussive, des énigmes répétitives, des combats sans feeling, un manque clair de rythme… Franchement, on passera son chemin.

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Alone in the Dark (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : THQ Nordic

Développeur : Pieces Interactive

PEGI : 18+

Prix : 59,99 €

Alone in the Dark (PC, PS5, Xbox Series)

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