Sid Meier's Civilization IV : Colonization

 

Publié le Mardi 14 octobre 2008 à 09:41:57 par Cedric Gasperini

 

My name is George W...

J'ai passé des heures et des heures sur Sid Meier's Colonization. Je dois même avoir encore la boîte du jeu, estampillée MicroProse, l'éditeur du jeu, qui traîne quelque part. Une merveille. Sorti il y a près de 15 ans, en 1994 si mes souvenirs sont bons (et ils le sont), ce jeu est rapidement devenu l'un de mes jeux préférés. A tel point que, durant ces 14 années passées, il m'est arrivé de le réinstaller et d'y faire une ou deux parties de-ci de-là.

Le but du jeu est simple : vous êtes un colon. Euh' je sais que cette phrase peut porter à confusion et imprimer dans votre tête quelques images d'un endroit peu ragoûtant où l'on voit passer beaucoup de choses dans un sens et, parfois, un suppo dans l'autre. Mais en fait, une fois n'est pas coutume, je parlais de l'autre colon.
Vous venez de quitter l'ancien continent, l'Europe, sur une caravelle et allez découvrir le nouveau continent, l'Amérique. Vous êtes Anglais, Français, Espagnol ou Néerlandais. Chacune de ces nations a des avantages (plus d'immigrants, de meilleurs rapports avec les indigènes, des bateaux plus puissants, un commerce plus florissant') qu'il vous faudra mettre à profit une fois votre première colonie fondée sur cette nouvelle terre. Et vous devrez gérer son développement, puis des suivantes. L'une après l'autre, vous devrez les rendre puissantes et prospères. Il vous faudra de la nourriture. Via la pêche ou l'agriculture. Et miner des montagnes de fer, couper du bois, récolter du coton, attraper des animaux pour leur fourrure, récolter du tabac' puis en ville, construire des bâtiments. Une cale sèche pour construire des bateaux. Des usines pour produire encore plus de cigares, de tissus, de manteaux, de rhum, des fusils, des canons, des écoles, des églises, sans oublier des palissades pour vous protéger. Vous devrez également faire avec les différentes tribus indiennes. Commercer avec elle ou les convertir. Voire les exterminer. Et de même avec vos voisins venus d'autres nations européennes.

Le but du jeu est simple : dominer le Nouveau-Monde et, à terme, développer le sentiment d'indépendance pour vous affranchir du joug européen. On trouvait tout cela dans le premier Colonization. On retrouve exactement la même chose dans ce nouveau jeu, Sid Meier's Civilization IV : Colonization. Soit dit en passant, le jeu ne nécessite pas Civilization IV pour tourner. C'est un stand alone, il se suffit à lui-même. C'est simplement qu'il lui emprunte le moteur graphique. Et d'ailleurs, le jeu est plutôt joli. Avec ses nombreuses animations, ses petits effets, son zoom, ses détails à foison.
A la base, donc, et résumé de la sorte, Colonization est un jeu simple. Et c'est vrai que sur le papier, ma foi, tout cela n'a pas l'air très compliqué' Malheureusement pour ceux que la difficulté rebute, une fois dans le jeu, la réalité vous rattrape et la complexité du jeu vous met K.O. pour quelques parties. Car si gérer une ville, c'est complexe, gérer toute une nation, c'est carrément les 12 travaux d'Hercule. Si, si. Demandez à Nicolas. En effet. Certains colons ont des spécialités. Genre mineur. Ou pêcheur. Ou fabricant de cigares (moi je les appelle tous Bill, soit dit en passant)' Et il faut donc les répartir selon leur spécialité dans la bonne branche. Un pêcheur sera plus efficace à la pêche qu'un mineur, par exemple. Et qui dit plus de nourriture ramenée dit plus de colons que l'on peut avoir dans sa colonie (sinon, c'est famine). Il faut savoir gérer ses ressources. Avoir trois fabricants de manteaux qui sont capables de livrer 36 manteaux par tour, c'est bien. Mais quand on n'a qu'un seul trappeur qui ne ramène que 6 peaux par tour' Toutes les professions sont plus ou moins liées entre elles. Certains colons sans spécialité pourront d'ailleurs en apprendre chez les Indiens, pour peu que vous ayez établi une mission dans leur village à l'aide d'un missionnaire (le cousin de la levrette). Les tribus vous offriront parfois des cadeaux en nature : coton, peaux, nourriture' Et certains Indiens convertis viendront rejoindre vos colonies. L'idéal, finalement, est de construire de nombreuses colonies, chacune avec sa spécialité : les manteaux, le rhum, l'armement' Et faire des routes commerciales entre elles. Celle qui a un excédent de nourriture pourra aider celle qui en a un déficit, par exemple.

Vous commercerez aussi avec l'Europe. Principalement avec votre nation d'origine. C'est de là que vous tirerez la majorité de vos profits, d'ailleurs. En vendant vos récoltes ou les biens manufacturés. Et en y récupérant les émigrants. Enfin, il faudra rapidement s'occuper de développer le sentiment d'indépendance. En plaçant, par exemple, des hommes politiques dans l'hôtel de ville. Et dans chaque colonie. Il faudra au moins 50% de sentiment d'indépendance dans la totalité de vos colonies pour espérer rompre les relations avec l'Europe. Cette rupture sera brutale et vous plongera dans une guerre sans merci. Pour ce faire, tout au long du jeu, vous connaîtrez le nombre de troupes du corps expéditionnaire de votre pays. Ce sont ces troupes que vous affronterez. Un conseil, quel que soit le niveau de difficulté, il vous en faudra au moins le double pour en venir à bout. Sans oublier de blinder les traités avec Indiens et autres nations européennes pour que, éventuellement, ils vous viennent en aide. Car le jeu, pour cette partie, est excessivement difficile et les troupes européennes, super balaises.

Que dire de plus ' On pourrait parler des différents conseillers qui viendront rejoindre votre patrie, vous octroyant divers bonus au fur et à mesure de la partie (plus d'efficacité dans une spécialité, voire des prix moins élevés, voire des bateaux plus puissants'). Ou le fait que, et c'est sans doute le point négatif principal du jeu, les navires aient perdu de leur importance : dans le premier Colonization, on pouvait affamer une nation concurrente, ou du moins lui piquer un max d'objets grâce à des Corsaires qui venaient attaquer leurs bateaux de commerce. Aujourd'hui, les Corsaires ne récupèrent quasiment plus rien. De même, un bateau endommagé devait retourner dans une Colonie pour se faire réparer (Cale sèche oblige). Aujourd'hui, il se répare seul en mer. Mine de rien, cela fait perdre un petit bonus de bataille navale bien sympathique. Dommage, donc.

Alors bon. Cela mis à part, c'est le c'ur qui va parler. J'ai une nouvelle fois craqué sur le jeu. C'est vrai que c'est assez simple. Plus simple, dans les faits, qu'un Civ IV. Car uniquement ciblé sur le Nouveau Monde et offrant, malgré tout, des options limitées. Mais c'est peut-être aussi un jeu plus difficile dans ses objectifs à atteindre et qui ne pardonne aucune erreur de gestion. En tout cas, j'y ai encore passé des heures. Et j'y passerai encore des heures. Quitte à délaisser mon travail, mes amis, ma famille. On est passionné ou on ne l'est pas. Colonization est un de ces jeux qui ne vous lâche pas une fois que vous y avez mis le nez. Par exemple, Pete, qui n'est pas forcément fan de Civ IV et des Civilization en général, s'y est laissé tenter pour la bonne cause : une partie multijoueur (c'est possible à deux, en réseau, toujours en tour par tour). Bon. Je lui ai ravagé la tronche avec mes armées. Mais il s'est laissé séduire et n'attend qu'une seule chose : que je lui refile le jeu (il peut rêver) ou que Take 2 lui en envoie gentiment un exemplaire. Voilà, donc. Le remake de ce vieux hit a été réussi. Et quand bien même la note pourrait paraître un poil surévaluée (mais juste un poil, hein), elle n'est que l'expression d'un coup de c'ur, d'une nostalgie heureuse, du plaisir de retrouver ses anciennes amours.

 

 
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Sid Meier\'s Civilization IV : Colonization

Plateformes : PC

Editeur : Take 2 Interactive (2K Games)

Développeur : Firaxis

PEGI : 16+

Prix : 30€

Aller sur le site officiel

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