Silent Hill Downpour (PS3, Xbox 360)

 

Publié le Mercredi 28 mars 2012 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test de Silent Hill Downpour (PS3, Xbox 360)

Red Rain is falling down

imageKonami continue de faire confiance à des studios de développement occidentaux pour redonner un nouveau souffle à sa série Silent Hill.
Cette fois-ci, ce sont les tchèques de Vatra Games qui se sont collés à un nouvel opus : Silent Hill Downpour. Reste à savoir si ces tchèques ont des provisions pour nous contenter…

Silent Hill Downpour met en scène Murphy Pendleton, un détenu. Le jeu débute réellement (nous vous laissons le soin de découvrir l’intro « spéciale » que vous ont réservé les développeurs) quand il est transféré avec tout un tas de criminels sans pitié dans une prison de haute sécurité. Manque de bol, le bus a un accident sur le chemin et Murphy se réveille bizarrement seul, sur le bord de la route, sans menottes, et sans âme qui vive ou qui ne vive plus autour de lui. Il va donc commencer par traverser rapidement un petit bout de forêt, tomber sur 2-3 cadavres, ramasser une lampe, une clef à molette et je ne sais quoi d’autre, pour finalement tomber dans une petite bourgade désaffectée.

De là, parce que c’est un aventurier, Murphy va se dire « Tiens, et si je prenais le téléphérique qui mène à Silent Hill, hein ? ». Parce que même si Murphy est en cavale, un petit peu de tourisme ne peut pas faire de mal. Il va donc falloir trouver un ticket pour franchir ces gros tourniquets, fouiller les maisons alentours et se rendre compte qu’il se passe des trucs assez bizarres dans le coin : la réalité qui se modifie, une sorte de trou noir chauffé à blanc (oui oui) qui veut vous aspirer et vous course, des escaliers qui n’en finissent plus, des pièces qui apparaissent et disparaissent et des espèces de zombies en robe dotés de gants que ne renierait pas Freddy Krueger… Bienvenue dans SIlent Hill nouveau style.

screenscreenscreen

screenToute la première partie du jeu se déroule d’ailleurs hors de la ville Silent Hill : forêt, maisons délabrées, rues éventrées, grottes… l’idée est sympathique, fraîche et vraiment à creuser. Dommage que la progression soit un peu laborieuse et le level design si dirigiste. On aurait aimé un poil plus d’originalité et de liberté dans la construction du niveau. D’autant plus que le scénario stagne fortement sur cette partie qui, somme toute, n’est qu’une sorte de chemin de croix pour quitter la réalité et pénétrer dans l’univers parallèle de la ville de Silent Hill.
Pour autant, ce changement d’ambiance et de décor dans la série est vraiment la bienvenue. Elle se déroule assez simplement, alternant quelques puzzles pas forcément bien compliqués, quelques combats pas forcément bien difficiles (mais plus rythmés et plus orientés « action » que dans les précédents jeux de la série, ce qui est somme toute plutôt le bienvenu), quelques courses-poursuites sans originalité et un brin pensante dues à la lourdeur du déplacement de notre héros, et bien entendu quelques surprises.
Bref, globalement, si la passion n’est pas encore au rendez-vous et que le jeu s’avère sympathique mais pas délirant, on appréciera l’ambiance nouvelle, le personnage attachant et qui semble cacher pas mal de secrets, ainsi que l’apparition de quelques choix moraux à faire (et qui soit dit en passant influeront sur le jeu et sa fin).

screenTout change pourtant une fois arrivé à Silent Hill. On se retrouve plus dans une ambiance connue et une construction de jeu classique. Les énigmes se corsent. Les ennemis aussi. On peut toujours les éviter, bien heureusement, et la plongée dans cet univers torturé, intriguant, malsain et gênant est abrupte, violente et directe. Le scénario s’en enrichit d’autant et l’on découvre un peu plus l’histoire, les personnages, et quelques réponses commencent à pointer le bout de leur nez.
On a beau se lancer dans quelques combats, le fait que les kits de survie et les munitions soient si rares font qu’il vaut mieux, au maximum, refuser l’affrontement et prendre ses jambes à son cou. D’autant plus que si de nombreuses armes peuvent se trouver dans le jeu, armes de tout genre (de la pelle à la simple bouteille, en passant par le couteau), elles sont éphémères et se briseront au fil du temps. Un parti-pris somme toute un peu galère mais qui a au moins l’avantage d’accentuer la peur et la nécessité de fouiller chaque décor avec soin pour y trouver de quoi survivre face aux monstruosités que l’on croise.

screenscreenscreen

screenGraphiquement, ce Silent Hill Downpour assure le minimum. Il est joli, sans plus, avec quelques textures merdouilleuses et un level design pas toujours inspiré. Autrement dit, si on n’aura pas de raison de crier au génie, ni en terme de beauté générale, de textures, que d’animation, il n’y a pas non plus à crier au scandale et dénoncer un certain laxisme des développeurs. Acceptable, donc.

Heureusement, l’un des éléments essentiels du jeu est sa musique. Après le départ d’Akira Yamaoka, on pouvait craindre le pire. Son remplaçant, Daniel Licht, à qui l’on doit la musique de la série Dexter, notamment, a su à mon sens, et au risque de m’attirer les foudres des puristes, dépasser le maître. Non seulement ses compositions sont dans la lignée des précédents jeux Silent Hill, mais il arrive également à apporter une nouvelle touche, un brin plus occidentale sans doute, un brin plus hollywoodienne, qui colle parfaitement au titre. Du travail d’orfèvre, vraiment, qui ajoute à l’immersion.

screenAu final, ce Silent Hill Downpour n’est peut-être pas le grand renouveau de la série, notamment en raison de ses maladresses (level design à revoir, animation moyenne, lourdeur des déplacements, rythme de la première partie un peu lent, combats répétitifs et limités). Pour autant, les développeurs nous livrent une copie tout à fait acceptable. L’ambiance, notamment en raison d’une bande-son exceptionnelle, arrive à nous captiver et nous jeter dans le jeu. Le personnage est intéressant et, même si mal exploitée, cette première partie dans la forêt et dans les abords de Silent Hill est rafraîchissante et ouvre peut-être la voie à quelque chose de différent et d’intéressant. La seconde partie du jeu, dans la ville bien connue, est dans la lignée de ce que l’on connait déjà et permet donc de terminer le jeu avec un sentiment d’accomplissement et de plaisir de non feint.

Bref, un bon Silent Hill, sans être parmi les meilleurs, et qui vaut quand même le coup d’œil.

 
image



 

 
image

 

 

 

 

Test précédent - Home - Test suivant

 

Silent Hill Downpour (PS3, Xbox 360)

Plateformes : Xbox 360 - PS3

Editeur : Konami

Développeur : Vatra Games

PEGI : 18+

Prix :

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 7/10

Aucune note des lecteurs.
Soyez le premier à voter

Cliquer ici pour voter

 

 

0