Total War : Rome II (PC)

 

Publié le Mercredi 4 septembre 2013 à 12:00:00 par Alexandre Combralier

 

(Test) Total War Rome II

Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant

imageQuasiment une décennie s'est écoulée depuis la sortie de Rome : Total War, un des opus les plus appréciés de la série de The Creative Assembly, à tel point qu'une suite est vite devenue une revendication prioritaire au sein de l'énorme fan-base de stratèges en herbe. En ce début de septembre 2013, puisque tous les chemins remènent à Rome, leurs voeux sont enfin exaucés avec la sortie de Total War : Rome II.  Inutile de dire que le studio anglais est attendu au tournant par des cohortes d'impatients prêts à poignarder le premier traître coupable de lèse-majesté.

Le fan, qui est un être capricieux et sensible, ne sera heureusement guère désorienté. Total War : Rome II est, pourrait-on dire si l'on était d'humeur bougonne, un “Total War de plus”. Il ne réinvente surtout pas la série , et si en une décennie, la formule a quelque peu évolué, les mêmes socles, les mêmes mécanismes, peu à peu introduits au fil des épisodes, se retrouvent sans grand chambardement ni pompeuse cérémonie.
On hérite ainsi du dualisme propre aux Total War : le jeu se divise en deux grandes sections, la partie “Wargame” sur une carte du monde, et la partie “STR”, qui a fait sa renomnée, sur des immenses champs de bataille où il ne s'agit pas d'être le plus nombreux, mais le plus roublard.
Dans les grandes lignes, une partie de Total War : Rome II se déroule comme dans les autres jeux de la série. Ce n'est pas un reproche, mais un constat.

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screenBref, comme disait l'Ecclésiaste, nihil nove sub soli (ou comme disait Michel Hidalgo, on ne change pas une équipe qui gagne). L'avantage, c'est qu'un trouvera vite nos repères. La recette fonctionne toujours aussi facilement, à condition toutefois d'opter pour le mode Difficile au moins, pour compter sur une I.A. plus agressive et mieux organisée. Il est donc toujours question, sur la carte stratégique, de gérer nos villes (en faisant attention au niveau des impôts ou celui des stocks de nourriture), de construire de nouveaux bâtiments, de découvrir des technologies, de gérer sa diplomatie, etc, etc. Et tout cela, bien entendu, au tour par tour. Une remarque d'importance à ce sujet : si la carte n'a jamais été aussi grande, entraînant au passage une explosion du nombre des factions, le revers de la médaille est que les intervalles entre chaque tour seront très loooooongs. Il est heureusement toujours possible de feuilleter la généreuse encylopédie du jeu, si vous n'avez tout simplement pas prévu un bouquin pour faire passer le temps. Genre Tacite, au hasard.

screenPour apercevoir quelques innovations, il faut se rapprocher un peu. Elles ne changeront définitivement pas votre manière de jouer, mais elles ont le mérite de peaufiner encore une mécanique déjà généreusement huilée. La plus notable nouveauté est la division des provinces en régions : vous aurez beau contrôler une ville, si vous ne contrôlez pas la région, vous n'aurez pas accès à certains bonus importants (débloquables via des édits). Une division des tâches s'imposera d'ailleurs entre les villes (capitale ou colonie) de chaque province. A part ça ? Pas grand-chose. Des broutilles amenant un peu de simplification bienvenue. Le recrutement se fait désormais à partir des généraux, et il n'y aura nécessairement qu'un seul général par armée. Dans le même ordre d'idées, les transports maritimes sont fournis d'office dès que vous voulez diriger une unité terrestre dans la mer (une véritable flotte d'escorte est évidemment conseillée). Par ailleurs, la diplomatie a gagné un peu en finesse, avec les alliances défensives, et la création des confédérations qui pourront rassembler les peuples d'un même sang (coucou Vercingétorix). Le reste appartient à l'anecdotique.

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screenCar malheureusement, le nouveau système de Politique, sur lequel The Creative Assembly avait pourtant assez appuyé dans sa communication, deviendra vite lassant voire inutile. En gros, il s'agira de conforter au pouvoir des armées et des provinces des membres de votre famille, contre des généraux qui, n'étant pas de votre sang, pourraient bien avoir quelques vélléilités coupables envers votre faction. Concrètement, l'avancée dans les intrigues est pesante, obscure, et dépendra surtout d'un système d'événéments aléatoires. Il y avait sûrement mieux à faire sur le sujet au vu de la période, foisonnante en la matière. On est très, très loin du système de relations d'un Crusader Kings II, dont on pouvait voir pourtant une source d'inspiration.

screenNon, s'il fallait chercher l'argument massue pour ce nouvel épisode, c'est bien évidemment du côté des améliorations graphiques qu'il faudrait fureter. Total War : Rome II bénéficie donc d'un nouveau moteur graphique. Et comme tout nouveau moteur graphique, il y a une phase d'appréhension. Voire de crash-test. A sa sortie (est-ce vraiment une surprise ?), du reste trop hâtive à n'en pas douter, le jeu pâtit ainsi de notables problèmes d'optimisation, qui l'empêchent de tourner à son meilleur même sur des configurations extrêmes. Il ronronnera certes sur n'importe quel ordi faisant déjà tourner Shogun 2, ne nous méprenons pas. C'est plutôt du côté de la config recommandée que le bât blesse.

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screenOuvrons le cahier des doléances, et inscrivons nos peines et nos souffrances : il est dommage de ne pas pouvoir encore pleinement profiter d'un si beau potentiel sans sacrifier du framerate. Dommage aussi de souffrir encore de quelques défauts agaçants (une pixellisation trop prononcée des ombres, une lumière du soleil étrange, trop crépusculaire, une traînée des javelots de feu à revoir, et certaines textures qui effraient par leur antiquité...).
Un arrière-goût d'amer regret flotte dans le palais. Naturellement, une rafale de patchs viendra régler tout ça. Rapidement. Du moins on l'espère. (Petite note de satisfaction : aucun retour Windows durant notre test !)

screenEn attendant, impossible de ne pas dire : le jeu est beau. Peut-être pas aussi spectaculairement beau qu'espéré, pour être franc. Mais il suffit de regarder les nouveaux détails et les nouvelles animations sur le champ de bataille, la qualité de la modélisation de l'eau, pour s'apercevoir du changement. La taille des champs de bataille a été revue nettement à la hausse, et le moteur permet aussi, pour la première fois de la série, de mêler affrontements terrestres et navals (ou quand la beauté rejoint la profondeur stratégique). Notons cependant que les affrontements sont plus rapides que dans la moyenne de la série, la faute à un moral qui descend un peu trop vite. Autre petite déception : l'I.A. ennemie durant les sièges, parfois perdue ; au contraire, elle est beaucoup plus convaincante partout ailleurs, notamment au niveau de la gestion des lanciers et des fausses offensives. Mais on a gardé le meilleur pour la fin, le détail qui enchante tellement qu'il en devient essentiel : la nouvelle caméra cinématique, qui nous plonge au beau milieu d'une unité, est saisissante d'immersion, comme jamais dans un Total War. Un grand moment à vivre en pleine charge de cavalerie, ou mieux, au milieu d'un débarquement devant l'immense Carthage... à vous faire bondir les plus blasés, assurément.

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screenConcrètement, Total War : Rome II remplit donc son cahier des charges. Un tas de petites choses m'y fera rester de nombreuses heures : la joie des grandes chevauchées bien sûr (surtout en mode cinématique !), mais aussi une foule de détails qui donnent un cachet propre au jeu, entre les icônes au style gréco-antique réussi, la musique réellement de grande qualité (alternant morceaux épiques pour les batailles et pistes plus reposantes en carte stratégique), et la kyrielle de renseignements historiques accessibles d'un clic droit sur à peu près n'importe quoi. J'y resterai d'autant plus longtemps que Total War : Rome II est un jeu au contenu pléthorique, à la carte immense, aux dix factions jouables (treize avec le DLC payant des cités grecques) qui sont autant d'autres expériences de jeu, et enfin au multijoueur plutôt fourni (des batailles historiques à rejouer en versus ou une campagne en coop). J'y resterai longtemps à condition quand même de couper les voix françaises, sur lesquelles on ne dira rien par charité. (Où sont d'ailleurs passées les harangues des généraux avant la bataille ?)

screenTotal War : Rome II ne trahit ni son aîné ni la série. Sa réception dans l'immédiat sera sûrement entâchée par les problèmes d'optimisation en cours de réglage, et il y a fort à parier que The Creative Assembly s'est peut-être laissé dépasser par la puissance de son moteur. La claque n'est pas aussi exceptionnelle que prévue, car ce Total War est un Total War nouvelle génération, avec le temps d'adaptation que cela suppose. Le retour en arrière est quand même difficile à ce stade de détails au milieu du champ de bataille. Total War : Rome II est un pur joyau, Qu'il faut certes encore polir. Mais si vous aimez la stratégie, si vous aimez les Total War, attendez quelques patchs (amor patitut moras...), et foncez au pas de charge. 
 

 

 
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Total War : Rome II (PC)

Plateformes : PC

Editeur : Sega

Développeur : The Creative Assembly

PEGI : 16+

Prix : 50 €

Aller sur le site officiel

Total War : Rome II (PC)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 8/10

 

 

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