L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 21 novembre 2021 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Petite dépression ? (bis)

imageJ’ai un coup de moins bien.

Non mais le je sens, hein. Moi qui suis d’habitude si enjoué, si joyeux, si prompt au rire et à la gaudriole. Moi qui suis le premier à gambader en chantant youkaïdi youkaïda dans les champs, à courir après les papillons en riant, à me rouler dans l’herbe au milieu des fleurs, à faire ami-ami avec les écureuils et à faire des câlins aux biches de passage.

Vous voyez le tableau ? Oui, bon, l’image cadre mal avec ma personnalité. Vous avez du mal à m’imaginer en plein youkaïdi youkaïda façon Blanche-Neige au milieu des petits lapins et des petits zozios. J’avoue, j’en ai fait un peu trop.

Mais même sans tout ça, je sens bien que ça va moins bien que d’habitude. Je vous le disais en fin d’édito de la semaine dernière. Je sens que suis malade.

Je ne rêve plus. Je ne fume plus. Oui, bon, je ne fumais déjà pas, mais là, je ne fume plus quand même. Je n’ai même plus d’histoire. Je bois toutes les nuits. Tous les jours aussi, mais là, dans la chanson, c’est toutes les nuits. Mais tous les whiskies pour moi ont le même goût. C’est dire si je suis malade. Complètement malade. Comme quand ma mère sortait le soir et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir. Même si ma mère ne sortait jamais le soir, en fait. Je suis malade quand même.

imageTenez, la dernière, fois, j’étais assis sur ma terrasse, un verre de whisky dans une main, le lance-pierres dans l’autre, à guetter le passage d’une pie, d’un pigeon, du chat des voisins ou carrément du voisin lui-même. Et effectivement, le chat a décidé de venir s’ébrouer sur ma pelouse. J’avais le lance-pierres. Avec des pierres. Et bien je n’ai rien fait. Je suis resté là à le regarder et à siroter mon saint breuvage. Sans bouger. A me peler quand même un peu les couilles parce qu’il fait froid en ce moment, mais je l’ai laissé faire. Il a semblé intrigué, a fait mine de s’approcher, puis, se disant dans un éclair de lucidité qu’il ne fallait tout de même pas tenter le diable, il a fait demi-tour et a quitté les lieux. Saint et sauf.

Hier après-midi, j’avais trois tests à écrire, deux produits à tester, dix news à écrire, l’aspirateur à passer, la petite à aller chercher au basket, trois cadres à accrocher au mur, la cuisine à nettoyer, et je m’étais même promis de commencer à classer mes mille et quelques BD par ordre alphabétique. Tout ça dans l’après-midi. Et bien j’ai préféré me coller devant la télé, un verre de whisky en main, sous un gros plaid moelleux, à rien foutre d’autre que de mater un film de Noël. C’est dire si ça ne va pas.

Dans la semaine, encore, j’ai pleuré devant Forrest Gump. C’est bon, ça fait vingt, trente fois que je le vois, ce film. Je sais ce qu’il va se passer, c’est limite si je connais les répliques par cœur comme une groupie. Et bien j’ai chialé comme une madeleine. A en noyer le verre de whisky que j’avais dans la main.

imageAu bout d’un moment, je me suis dit que c’était peut-être la faute du whisky, hein. Parce que c’était le dénominateur commun de tous ces coups de mous. Mais avec le rhum, ça fait pareil. Vous me connaissez, j’suis un scientifique, je pousse souvent mes recherches au maximum. Et bien avec la vodka, le gin, la tequila, le mezcal, le Ricard, le Calvados, le Cognac, l’Armagnac, c’est pareil. Je n’ai quand même pas été jusqu’à tester la Chartreuse, l’Absinthe ou le Génépi. Faut pas déconner non plus. J’ai dit que j’ai un coup de moins bien, pas que j’ai des envies masochistes de souffrances insoutenables en ingurgitant des liquides de catégorie immondices.

Mais voilà. Il faut se rendre à l’évidence. J’ai un coup de moins bien et puis c’est tout.

Je me demande si j’ferais pas une petite dépression, moi.

 

 
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