Suicide Squad: Kill the Justice League (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Mercredi 7 février 2024 à 12:00:00 par Théo Valet

 

Suicide Squad: Kill the Justice League

Bashing injustifié ?

imageIl aura suscité bien des débats ce nouveau jeu de Rocksteady Studios, bien avant sa sortie d'ailleurs. On lui reprochait son lien avec les jeux Arkham, son principe de jeu-service, et bien d'autres choses encore. Mais qu'en est-il après y avoir joué pendant 20 bonnes heures ?

Développé par Rocksteady Studios et édité par Warner Bros. Games, Suicide Squad: Kill The Justice League est un jeu d'action-aventure à la troisième personne où vous incarnez la célèbre Task Force X composée de 4 membres : Harley Quinn, Deadshot, Captain Boomerang et King Shark.

Cette équipe de joyeux lurons formée par Amanda Waller, a une seule mission : sauver Metropolis, envahie par le puissant conquérant Brainiac. Si puissant qu’il a réussi à corrompre presque tous les membres de la Justice League, qui se sont retournés contre ceux qu'ils avaient juré de protéger, transformant la ville en un champ de bataille où 90% de la population a été tuée ou transformée en soldat à la solde de Brainiac. Rien qu'avec ce pitch, on comprend pourquoi l'équipe est surnommée la Suicide Squad.


Vous voilà donc déployé dans les vestiges de Metropolis, et il devient vite évident que la tâche qui vous est assignée sera ardue. Avant d'affronter chaque membre de la Justice League, vous devrez trouver ses points faibles pour augmenter vos chances de succès dans votre mission d'élimination. Pour ce faire, vous devrez faire équipe avec des personnages bien connus de l'univers DC Comics, qui vous aideront même à vous équiper efficacement.

imageBien que les missions principales soient très fun à suivre, notamment grâce à l'écriture savoureuse de cette équipe de bras cassés, les quêtes secondaires laissent un peu à désirer. Elles manquent de variété et d'originalité, se contentant de proposer des activités classiques telles que la capture de drapeaux, la destruction de bases ennemies, l'escorte de véhicules ou la récupération de civils. Ces tâches sont déjà vues et revues ailleurs, et bien que les règles des missions changent à chaque fois, cela reste sommaire et insuffisant pour mettre vraiment en valeur le gameplay des différents personnages.

Et parlons-en de ces personnages, car le jeu tourne autour d'eux et de leurs spécificités :
  • Harley Quinn est un personnage rapide, privilégiant les armes à faible distance. Elle se déplace rapidement et tire dans toutes les directions. Équipée d'un grappin, elle peut se balancer à la Spider-Man ou se tracter à la Batman.
  • Deadshot est un tireur d'élite qui préfère garder ses distances avec son jet-pack. Il excelle dans les attaques au fusil de précision et peut utiliser son jet-pack pour passer au-dessus des ennemis et semer la destruction.
  • Captain Boomerang allie le combat rapproché et à distance. Il tend des embuscades avant de disparaître grâce à son boomerang, lui permettant de se téléporter loin du danger.
  • King Shark est un véritable mastodonte, capable de bondir sur ses ennemis grâce à son super saut et de causer d'importants dégâts avec ses armes lourdes lorsqu'il atterrit sur ses adversaires.
imageIl y en a vraiment pour tous les goûts et tous les styles de jeu. En plus de leurs spécificités de déplacement, les personnages sont équipés d'éléments qui leur sont propres ainsi que d'éléments partagés au sein d'un même inventaire, notamment leurs armes et leurs grenades. Vous devrez donc décider qui prend quoi, même si chaque personnage a des affinités avec certains types d'armes (par exemple, Deadshot ne peut utiliser que des fusils de précision, des pistolets ou des fusils d'assaut).

En plus de cet équipement, chaque personnage dispose d'un arbre de compétences qui lui est propre, comprenant une compétence ultime, un coup suicide et un boost d'escouade dépendant de son style de jeu.

imageGlobalement, j'ai trouvé qu'il y avait vraiment beaucoup de statistiques, que ce soit dans l'arbre de compétences ou dans les différents gadgets constituant l'équipement. Je pense qu'il aurait été possible de rendre tout cela plus digeste pour susciter davantage d'intérêt.

En jouant en solo, vous avez la liberté de changer de personnage en dehors des missions, à volonté et sans temps de chargement. Cela permet de tester facilement tous les personnages et d'adapter votre style de jeu selon vos envies.

Au début du jeu, il faut un peu de temps pour comprendre le fonctionnement de chaque personnage et assimiler les informations qui en découlent. Mais après quelques heures, on commence vraiment à prendre plaisir à jouer avec les quatre personnages. Je pense que réussir à les faire cohabiter, malgré leurs capacités et styles de jeu différents, sur les mêmes contrôles est l'un des gros points forts du jeu.

imagePassons aux combats de boss, l'un des éléments les plus attendu du jeu, mais aussi la plus grande déception. Les combats ne sont pas mauvais en soi, mais ils sont tellement courts et simples qu'on n'a pas le temps de profiter pleinement de ces moments tant attendus. C'est dommage, car ces héros, corrompus par Brainiac, sont très bien teasés durant l'histoire, et leur aspect maléfique est vraiment bien développé sur le plan narratif. Voir Green Lantern, Flash, Batman ou Superman dans le camp des méchants a un impact visuel fort et ils inspirent réellement la crainte. Malheureusement, lorsque le combat se termine, on ne peut s'empêcher de penser : "C'est tout ?" En réalité, je pense qu'il aurait été bénéfique d'ajouter une seconde phase pour chaque membre de la Justice League, permettant de mettre en valeur leur puissance et de réellement se mesurer à ces héros surhumains.

imageMême en termes d'idées au sein des combats, c'est assez pauvre. Flash court vite, ce qui rend difficile de le viser, mais cela s'arrête là. On parle d’un gars qui peut vous prendre par la peau des fesses, courir jusqu’à la Préhistoire, et vous laisser là-bas. Green Lantern, quant à lui, a le pouvoir de créer tout ce que son imagination lui permet, mais dans le jeu, il se contente de sortir quelques grosses armes et des bombes, sans vraiment exploiter tout son potentiel. Même Batman, avec une introduction excellente, nous offre un combat fade et expédié en quelques minutes. Il manque vraiment ce brin de folie qui permettrait de prendre un réel plaisir à les affronter.

imageC’est d’autant plus regrettable que la narration soit plutôt captivante. Le jeu regorge de bonnes idées et prend des risques intéressants, et l'écriture des quatre personnages que l'on incarne y est pour beaucoup. L'humour est franchement déjanté, et on prend un réel plaisir à suivre l'évolution de cette équipe, que ce soit dans leurs relations internes ou avec les survivants de Metropolis. Mention spéciale à Captain Boomerang qui m’a fait exploser de rire à plusieurs reprises.

Cependant, bien que j'apprécie l'histoire de Suicide Squad: Kill The Justice League, je pense que le format jeu-service limite son potentiel. Dès le début, on comprend qu'aucun membre de l'équipe ne sera tué, car ils doivent être conservés pour les futures saisons à venir. Cette absence de risque de mort pour ces personnages emblématiques est une déception, d'autant plus que la mortalité est un élément central de l'identité de la Suicide Squad, comme James Gunn a réussi à le faire ressortir à travers sa récente adaptation.

En plus de cela, nouvelles saisons obligent, on n’a pas le droit à une véritable fin clôturant l’aventure, on est laissé sur un “à suivre”. Bien que l'ouverture de cette fin de jeu soit assez intrigante et prometteuse, on reste tout de même sur notre faim.

imageArrêtons-nous un instant pour parler de Metropolis, notre terrain de jeu au cours de cette aventure. Malgré la monotonie des quêtes, j'ai apprécié ce petit monde ouvert. Bien que la ville ne soit pas immense, cela permet de se déplacer beaucoup plus rapidement et d'enchaîner les missions tout en débarrassant les rues de quelques aliens au passage. Le Level Design de la ville est d'ailleurs réussi, offrant une grande variété de combats, avec de nombreux bâtiments sur lesquels se réfugier, recharger ses capacités et s'adapter à tous les styles de jeu. De plus, Metropolis regorge de détails et de références qui raviront les fans.

En parlant des fans, vous le savez, mais l'action se déroule dans l'univers des jeux Arkham, bien connu grâce aux quatre opus précédents. En effet, le jeu se situe cinq ans après les événements d'Arkham Knight. Après avoir simulé sa propre mort, Bruce Wayne refait surface et rejoint la Justice League, une équipe de héros surpuissants destinée à affronter les menaces auxquelles ils ne peuvent faire face seuls. Cependant, j'aurais apprécié une approche différente pour intégrer cet univers, plutôt que de simplement le présenter à travers des enregistrements audio. Bien que ces enregistrements soient intéressants pour expliquer les origines des membres de la Suicide Squad, ils semblent assez limités pour développer le lien avec l'univers Arkham. Même l'arrivée de Brainiac sur Terre est narrée à travers ces enregistrements audio, ce qui nous prive d'une cinématique qui aurait pu être incroyable avec l'arrivée d'un vaisseau mère en forme de terrifiante tête alien. C'est d'autant plus dommage sachant que le studio a prouvé son savoir-faire en matière de cinématiques, que ce soit dans ce jeu ou dans la saga Arkham.

imageNous avons abordé le gameplay et la narration, mais qu'en est-il du reste ?

Côté artistique, le jeu est plutôt agréable visuellement. Le design des personnages est particulièrement réussi, notamment les héros de la Justice League et les ennemis que nous affrontons. En ce qui concerne les environnements, ils sont colorés et la ville de Metropolis présente une architecture atypique et variée qui la distingue. Cependant, je n'ai pas été aussi époustouflé que lorsque j'ai lancé Arkham Knight. Les effets de lumière et les FX ne sont pas aussi détaillés que dans le jeu précédent, même si l'ensemble reste tout de même plaisant.

imageEn ce qui concerne l'interface utilisateur, je ne l'ai pas trouvée si mal conçue que cela. Bien que le trailer de Gameplay ait pu susciter quelques inquiétudes à ce sujet, il est possible de personnaliser l'interface pour la rendre moins chargée, notamment en désactivant les tutoriels qui apparaissent fréquemment. Parfois, lorsqu'il y a beaucoup d'ennemis à l'écran et que l'on fait tout péter, les dégâts s'accumulent et le jeu offre une sensation de puissance assez jouissive.

Sur le plan technique, le jeu est étonnamment peu buggé. Il a planté une fois sans raison apparente, mais cela ne s'est jamais reproduit. J'ai rencontré quelques petits problèmes, comme des pistes audio qui ne se déclenchent pas ou mon personnage qui réapparaît dans le décor après une mission, mais rien de catastrophique. Je m'attendais à davantage de problèmes compte tenu du raté de la sortie anticipée.

imageMalgré tout ce que j’ai pu dire de négatif sur le jeu, je me suis énormément amusé sur Suicide Squad: Kill The Justice League. J’ai adoré le Gameplay des personnages et j’ai adoré défoncer de l’alien dans Metropolis. L’histoire m’a beaucoup fait rire et il y a beaucoup d'éléments qui m’ont marqués.

Cependant, lorsque je repense à l'expérience dans son ensemble, je ne peux ignorer les problèmes que j'ai soulevés précédemment. C'est regrettable, car avec un peu plus de créativité dans la conception des missions et des combats de boss plus prenants, le jeu aurait pu être vraiment bon.

Je vous recommande donc de patienter avant de vous procurer le jeu. Non seulement pour bénéficier d'une éventuelle baisse de prix, mais également pour voir si le contenu ajouté par la suite parviendra à corriger les lacunes et à enrichir l'expérience de jeu.

Le contre-avis de Cedric image
On peut ne pas être fan de super-héros, mais quand même apprécier leurs jeux. Pour preuve, le plaisir que j'ai pu prendre, à l'époque, en jouant à la trilogie Arkham, ou la réussite des derniers jeux Spider-man...
Mais là... difficile d'être satisfait à moins d'être un inconditionnel de l'univers DC Comics. Si l'écriture est bonne et vous arrachera quelques sourires, ce Suicide Squad manque de tout. Les missions sont répétitives, il faut attendre de bien augmenter ses compétences pour prendre une once de plaisir avec le gameplay mollasson du jeu, les combats de boss sont ratés, certains personnages (le Pingouin par exemple) sont totalement sous-exploités... seule la ville, sympa à parcourir, sauve un tant soit peu le jeu... mais là encore, elle n'est pas du tout exploitée dans les missions. 
Le jeu n'est pas désagréable en soi, mais c'est clairement une déception. Faire moins bien que la trilogie Arkham dont le dernier opus date... de 8 ans et demi... c'est totalement impardonnable. Passez votre chemin.


 

 
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Suicide Squad: Kill the Justice League (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Warner Bros. Games

Développeur : Rocksteady Studios

PEGI : 18+

Prix : 79,99€

Aller sur le site officiel

Suicide Squad: Kill the Justice League (PC, PS5, Xbox Series)

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