Assassin’s Creed Mirage (PC, PlayStation, Xbox)

 

Publié le Vendredi 6 octobre 2023 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test Assassin’s Creed Mirage

Un ton en-dessous

imageUne fois n’est pas coutume, j’ai envie de commencer le test d’Assassin’s Creed Mirage par un coup de gueule. Et non des moindres. Une fois pour toutes, il faudrait qu’Ubisoft se donne les moyens de se payer un studio de doublage digne de ce nom. Et pendant qu’on y est aussi, des dialoguistes qui ne soient pas recrutés dans les bas-fonds de la langue française. Entre les termes mal choisis, les phrases bêtement alambiquées que personne ne dirait à l’oral (et que personne n’a jamais, depuis l’histoire de la création dites à l’oral), et certaines voix de personnages récitées mollement qui plombent l’immersion, j’avoue avoir été à deux doigts d’abandonner le jeu. S’il n’y avait eu cette nécessité de vous en proposer un test, j’aurais bien mis au feu ma console, mon PC et tout ce qui peut contenir un morceau audio d’Assassin’s Creed Mirage par peur de contamination.

Alors vous me direz qu’on peut changer la langue audio. D’ailleurs, jouer en arabe pourrait être une solution pour l’immersion. Mais il n’empêche que la quasi-totalité des joueurs va vouloir jouer en français et va devoir se taper un doublage à la limite du honteux. Sans compter que l’affichage des sous-titres est, sur console, parfois problématique en raison de phrases coupées n’importe comment. C’est mieux sur PC, semble-t-il, mais encore loin d’être parfait.

Bref, si par le plus grand des hasards, quelques décideurs d’Ubisoft tombent sur ces paragraphes, qu’ils fassent bouger les choses. Un tel niveau de foirade est une faute impardonnable.

Mais revenons à nos moutons. Et parler de moutons à propos d’un jeu se déroulant au Moyen-Orient peut s’avérer cocasse. Heureusement, l’Aïd est dans longtemps.


imageAssassin’s Creed Mirage vous entraîne à Bagdad, dans la seconde moitié du IXe siècle. Basim est un voleur des rues, un peu impétueux, un peu grande gueule, qui a toutefois le cœur sur la main, puisqu’il n’hésite pas à donner, dès qu’il le peut, aux enfants défavorisés qui gravitent autour de lui. Fasciné par la confrérie des assassins, il va tenter, contre leur avis (mais pour leur rendre service), de voler un artefact caché dans le palais du sultan. L’incursion va tourner court : le sultan manque de tuer Basim qui ne doit la vie sauve qu’à l’intervention de sa complice. Mais ce meurtre a des répercutions : le fils du sultan fait exécuter bon nombre d’amis du voleur et cloue leurs corps à des poteaux un peu partout dans la ville. Aidé par une maître assassin, Basim va fuir la ville et débuter son entraînement.
Devenu à son tour l’un des membres de la confrérie, il va devoir retourner à Bagdad où les ennemis des assassins semblent diriger en secret les choses…

On passera rapidement sur le scénario, assez classique en somme, qui aurait mérité d’être plus approfondi à certains moments : la mort des amis de Basim rate complètement le coche par sa brièveté et ne vous émouvra aucunement. Jeu lorgnant vers le grand public oblige, c’est fugace, on n’aperçoit qu’à peine les corps, bref, l’effet est raté. C’est d’autant plus dommage que l’histoire avait de quoi proposer de grands moments. Même l’intronisation du héros en qualité d’Assassin, et on vous fait assister au rituel, aurait mérité plus de solennité et d’intensité. Le scénario reste correct, notez bien. Et c’est à souligner tant ça n’a pas toujours été le cas.

imageL’annonce d’un Assassin’s Creed au Moyen-Orient a suscité l’idée d’un « retour aux sources » et sans doute l’idée que la saga allait repartir sur de nouvelles bases. En guise de retour aux sources, c’est effectivement une petite carte qui est proposée dans le jeu. On est loin, très loin, du gigantisme d’un Valhalla ou d’un Odyssey, voire d’un Origins. Ici, seul Bagdad et ses faubourgs vous serviront de terrain de jeu. On reste d’autant plus sur sa fin que la durée de vie du jeu est considérablement réduite : une quinzaine d’heures, à peine, en ligne droite. Le double en réalité puisque vous allez passer beaucoup de temps à vous balader, à vous perdre dans les dédales de la ville et, parfois, à galérer pour trouver votre chemin (dixit le mec qui a passé dix minutes à tourner dans le fossé qui entoure le cœur de la ville et trimé pour trouver comme en sortir et passer par-dessus les murailles). Mais notez qu’il n’y a pas vraiment de quêtes secondaires dans le jeu – ou très peu – et que vous vous contenterez donc de l’histoire principale.


imageLa ville de Bagdad, heureusement, est là pour magnifier le jeu. Elle est sublime. Les décors sont magnifiques et on s’émerveille souvent devant la beauté des lieux. On s’arrête pour admirer un bâtiment, un point de vue, un effet de lumière… C’est du grand art.
On ne pourra pas pour autant parler de maestria graphique : des bugs gâchent parfois le plaisir. Et j’aimerais savoir comment, encore aujourd’hui, on peut avoir des personnages qui marchent avec les genoux pliés (et ne les déplient jamais). Même sous une djellaba, ça fait vraiment bizarre. Je ne vous compte pas non plus les bugs d’animation (même pour le personnage principal) ou les bugs visuels (petite pensée pour ce PNJ coincé dans un mur que j’ai croisé plusieurs fois). Quant à l’animation faciale des personnages, elle est tout simplement ratée.

Assassin’s Creed Mirage souffle le chaud et le froid, donc. L’enrobage, de loin, est superbe. Bercé par une bande-son très réussie. Mais quand on regarde dans le détail, il y a finalement encore pas mal de boulot pour que ce soit, à défaut d’être parfait, au moins acceptable pour ce genre de produit.

Le gameplay, lui, est basé essentiellement sur l’infiltration. Youpi. Les combats, à nouveau revus et modifiés, sont une tannée. On a l’impression de diriger un assassin bas de gamme qui se fait démonter par le premier soldat venu. Il faudra donc au maximum éviter la confrontation. Cela dit, l’IA va vous aider : dézinguer quatre soldats les uns après les autres au couteau de lancer et les entendre s’étonner – mais sans bouger – de voir un de leur pote mourir sous leur yeux sans même donner l’alarme est une chose assez savoureuse.

Pour faire court, on pourrait parler des « puzzles » pour récupérer des coffres cachés et bloqués par des armoires qu’il faudra bouger dans un certain ordre pour les atteindre… gâchés par une caméra souffreteuse dès que l’on se retrouve dans un endroit exigu. Des améliorations des objets grâce à des ressources récoltées sur le terrain, des marchands qui sont disséminés un peu partout dans la ville et qui vous permettront de revendre ce que vous avez récupéré (voleur un jour…), des points d’expérience qui boostent vos capacités ou celles de votre pigeon (ah, pardon, c’est un aigle)… il n’y a plus ce petit côté RPG que certains avaient tant décrié (mais qui moi ne m’avait pas déplu), mais ça reste sympathique. Basique, classique, mais sympathique.

imageAlors vu comme ça, les reproches adressés au jeu sont légion et pourraient vous faire croire que j’ai proprement détesté le jeu. Ça n’en a pas été loin au début de l’aventure. Pourtant, je m’y suis fait au fil des heures passées à arpenter Bagdad. Dire que j’y ai pris un vrai plaisir serait mentir. Mais le constat final est que Mirage n’est pas aussi déplaisant qu’il peut y paraître au premier abord. Ce n’est pas un retour aux sources. Affirmer ça serait au mieux ne pas connaître la saga, au pire stupide. C’est juste un épisode qui se déroule, comme le premier, au Moyen-Orient. Un épisode qui revient sur le côté bourrin que les derniers épisodes avaient pu mettre en exergue et se focalise sur la furtivité et l’infiltration. Trop à mon goût. Résultat, les combats sont ratés et pénibles.
Sa durée de vie est décevante parce que les joueurs et fans attendent d’en avoir pour leur argent. Et là, vous en aurez pour trois à quatre fois moins que les précédents.
Et puis, plus globalement, sans être un mauvais épisode, c’est loin d’être le meilleur de la saga. Très loin.

Bref, un épisode sympathique, bourré de défauts et de choses qui font râler, mais sympathique quand même.

Bon, maintenant, on peut revenir aux choses sérieuses ?

 

 
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Assassin’s Creed Mirage (PC, PlayStation, Xbox)

Plateformes : PC - Xbox One - PS4 - PS5 - Xbox Series

Editeur : Ubisoft

Développeur : Ubisoft

PEGI : 18+

Prix :

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