Total War : Attila (PC)

 

Publié le Jeudi 5 mars 2015 à 12:00:00 par Alexandre Combralier

 

Test Total War Attila (PC)

Quidquid latine dictum sit, altum sonatur

imageRome, ville éternelle ? En 395, c'est moins évident. La situation est plus que tangente pour les porteurs de toges. L'Empire vient d'être une nouvelle fois partagé, cette fois-ci définitivement, entre Honorius (qui hérite de l'Empire d'Occident) et Arcadius (nouvel Empereur d’Orient). Les deux bonhommes sont assez veules, manipulables, impuissants. Il fallait un de Gaulle, ce fut un René Coty. Honorius, pour maintenir debout un colosse aux pieds d'argiles, doit s'en remettre à Stilicon, un Vandale. Le scandale ! Un Barbare, chef des armées ! Et pourquoi pas un Noir ou un Arabe ? Julius Zemmourus écrit alors Le Suicide romain. Il y explique comment la dégradation des mœurs et l'intégration des barbares dans l'armée et l'administration mène tout droit à la chute de l'Empire Romain. Quinze ans plus tard, ça sent en effet le sapin : Alaric prend Rome. Ce n'est pas tout à fait la fin, mais on s'en rapproche....
 
screenC'est durant cette période troublée de l'Antiquité tardive, trop longtemps ignorée du monde du jeu vidéo, que Total War : Attila prend place. Dans une ambiance noire, quasiment apocalyptique : Attila n’est-il pas le fléau de Dieu ? La fin du monde est proche. Total War : Attila veut recréer cette atmosphère, dès la carte de campagne, volontairement plus sombre que celle de l’opus original ; les hivers sont rudes ; la faim est votre ennemi. Bienvenue en Enfer. Bienvenue Attila. Et Henri Salvador, par la même occasion.
 
screenNous voici en face d'une véritable extension au titre original de The Creative Assembly. Non pas un DLC comme pour les cités grecques récemment, non non, un véritable gros morceau et même, attention, un stand-alone. Première grosse nouveauté, qui justifie ce choix : la nouvelle date de départ, la nouvelle époque. Les habitudes géopolitiques de début de partie en ressortent bien sûr chamboulées ; ce ne sont plus tout à fait les mêmes technologies qui sont à l'œuvre. Et, bien sûr, le gameplay a été un peu rafraîchi.

 
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screenQui dit nouvelles époques, dit nouvelles civilisations. De ce côté-là, pas de problème : le studio a fait le boulot en nous offrant dix factions inédites. Deux royaumes barbares tout d’abord (les Francs, qui ne sont encore que des sous-Belges habitant un territoire miniscule et les Saxons, qui ne sont pas encore Anglo); cinq grands peuples migrateurs ensuite (les Alains, les Delon, les Vandales, les Wisigoths, les Ostrogoths) ; les Empires Romains (l’Orient se porte bien mieux que son grand frère) ; l’Empire sassanide, héritier de l’Empire Perse et qui n’est pas à négliger, loin de là, dans la chute de l’Empire Romain d’Occident ; et enfin, bien sûr, les très méchants Huns, avec Attila à leur tête, quoique seulement à partir de 434.
 
screenChaque grande catégorie de civilisation a son gameplay particulier. Commençons par les plus originaux, les plus stimulants sûrement : les Huns et les peuples migrateurs. Le jeu rend bien cette spécificité : les villes des Huns et des nomades sont totalement transportables. Vous vous baladez littéralement avec, plantant vos yourtes un peu partout sur la carte du monde. Par conséquent, les villes conquises peuvent seulement être rasées ou détruites, selon que vous voulez avant tout du pognon ou emmerder votre ennemi. Une ville détruite ne repousse pas sur de l’herbe brûlée : très belle idée qui donne tout son sel au gameplay. L’objectif est donc d’effectuer des razzias plus que la conquérir territorialement le gros voisin sédentaire. Sur le champ de bataille, là encore, les spécificités historiques sont respectées : les Huns notamment combattent avec cheval, et sont le peuple chiant par excellence : comprenez, celui fait d’archers à cheval qui décochent des flèches, font mine de fuir en galopant, reviennent vers vous, balancent des flèches, s’enfuient à nouveau, tirent, etc etc, jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand-chose de la fière, mais pédestre, légion romaine. L'éternel problème de l'Hun et du multiple...

 
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screenA contrario, pour l’Empire Romain d’Occident, c’est un immense territoire faits de villes plus ou moins décadentes qu’il va falloir défendre. Le challenge est de taille, à tel point qu’il est directement classé en tant que « Légendaire », soit la difficulté la plus importante du jeu. En gros, c’est le bordel dans vos villes, tout le monde y boit et fait l’amour sans souci de l’ordre public, tandis que votre armée, forcément un peu éméchée aussi, ne s’en sort pas mieux, avec ses légions à moitié décomposées ; quant à l’économie… elle est putréfiée par le coût des soldats frontaliers et des assauts répétés. Si vis pacem para bellum… oui, mais avec quoi ? Les attaques barbares sont incessantes, harassantes (tous les chemins mènent à Rome, c’est bien le problème), et la meilleure tactique sera d’abandonner des régions trop peu défendables pour mieux vous concentrer sur l’essentiel, et d’abord sur la défense de l’Italie. Adieu l'Angleterre... et à vous la défense du Rhône, du Rhin et du Pô. Lutter contre les barbares environnants est déjà ardu, alors, quand les Huns débarquent, c'est encore une autre histoire... Il va falloir serrer les fesses. Un défi prenant donc que ce renversement de l’Histoire, même si bouleverser le cours des siècles s’annonce au moins aussi compliqué qu’une version sur table de Silius Italicus.
 
screenCette ambiance de fin du monde couplée à la richesse de ces nouvelles civilisations jouables est le principal intérêt de ce Total War : Attila ; mais The Creative Assembly ne s’est pas arrêté là. On retiendra ainsi la refonte du système diplomatique. Un peu frustre dans le jeu original, celui-ci s’est enrichi à de maints endroits, en proposant de nouveaux choix et une meilleure réactivité de l’Intelligence Artificielle. En jouant les Huns ou les Migrateurs notamment, on sera ravi de constater que les Romains ne tardent pas à nous proposer la paix en échange d’un généreux tribut… qu’il est toujours judicieux de renégocier après avoir rasé une ou deux villes supplémentaires.
 
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screenDans la même veine, accueillons à présent le retour des arbres généalogiques. Alors disons-le tout de suite, on est loin de l’ampleur livresque d’un Crusader Kings II (ça, c’est fait). Cependant il devient possible de gérer sa grande famille en programmant des assassinats politiques bien ciblés… ou des mariages gentiment arrangés. Notez qu’il est aussi possible d’accélérer la promotion de certains gugusses en les nommant magistrats, histoire de les mettre dans votre poche. Pour le reste, Total War : Attila amène son lot de nouveaux bâtiments, de nouvelles unités, sans pour autant bouleverser le système stratégique du jeu, ce qu’on ne lui demandait du reste pas.
 
screenQuand l’on en arrive aux batailles en temps réel, l’autre grande force de la série, point de dépaysement non plus. Pour ceux qui avaient quitté le jeu original sans profiter des derniers patchs, eh bien, joie ! Joie de constater les améliorations graphiques apportées au fur et à mesure des mises à jour. Ce qui n’empêche pas, notons-le au passage, ce Total War : Attila de compter encore de bugs en tout genre… Ni de récurrents problèmes de pathfiding que l’on n’espérait plus voir avec les mois et les semaines.  Ni une optimisation encore maladroite sur des machines plus modestes. Ni des temps de chargement à la fin de chaque tour toujours trop longs. Ah ça, on aime bien pinailler…
 
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screenAfin d’acheter notre pardon, The Creative Assembly a implémenté quelques nouveautés, surtout aux sièges en réalité. Désormais les défenseurs voient leur tâche facilitée avec l’ajout des barricades, qui feront faire quelques détours (foutu pathfinding !) aux assaillants, leur causant, bien sûr, d’inévitables pertes supplémentaires. Comme dans tout bon Total War, on vous conseillera de jouer en mode Difficile afin de profiter d’une meilleure I.A. et d’exploiter au maximum les possibilités stratégiques, plus nombreuses qu’il n’y paraît, du titre de The Creative Assembly.
 
screenTotal War : Attila remplit en somme parfaitement son contrat : nous plonger dans une période particulièrement prenante en proposant de réels défis stratégiques différents autour de bonnes batailles des familles. Alors que l’Antiquité s’écroule, et l’Empire Romain d’Occident avec elle, le défi est tentant de faire d’un peuple des steppes le maître du monde, ou au contraire de sauver de la décadence un État plus que vacillant. Pour les amateurs d’histoire et de batailles, Total War : Attila vaut pleinement le coup ; de même pour les fans de la série – c’est-à-dire les mêmes, en réalité -, qui y trouveront des nouveautés de gameplay à même de changer leurs habitudes, sans néanmoins les changer du tout au tout il est vrai. Du fan-service, certes ; mais si vous n’aviez jamais plongé dans l’univers, ce stand-alone est une bonne occasion pour le faire, d’autant plus que vous profiterez de toutes les mises à jour de Rome 2. En attendant un Total War : Sainte-Geneviève, bien sûr.

 

 
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Total War : Attila (PC)

Plateformes : PC

Editeur : Sega

Développeur : The Creative Assembly

PEGI : 12+

Prix : 40 €

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Total War : Attila (PC)

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